La télé-réalité fut qualifiée dès 1999 de télé voyeurisme, de télé poubelle, voire d'instrument d'aliénation. Mais les pics d'audience de ce que Endemol appelait le real life docu soap devinrent, sous la plume du Monde, la télé-réalité.
La télé-réalité : nouvel âge télévisuel ou télé poubelle ?
François Jost nous immerge dans l'histoire, rapide, de la télé-réalité, entre talk show, docu soap, et reality show, à l'époque largement commentés par les sociologues qui la qualifiaient d'abrutissement collectif' ou de nouvel âge télévisuel. « Une réalité réduite à l'humain, au quotidien que l'on traque dans les espaces privés » (21) portée par un nouveau mode de diffusion, le direct (tout de même retardé de 2 mn 45 sec.) et une durée 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Cet ensemble assied la critique de totalitarisme « plaçant les participants sous une surveillance continuelle » et donnant « l'illusion que leur durée suit fidèlement l'écoulement de notre propre vie ».
Le format de la télé-réalité : entre totalitarisme et magie
La télé-réalité, nouvelle forme du marketing télévisuel (nous rejetons le terme télémarketing, renvoyant à d'autres notions et outils), s'appuie sur la notion de format, de déclinaison, d'interactivité' et de place dans le débat public, relayé par une machine publicitaro-marketing transformant « par enchantement » les candidats en vedettes : c'est la starisation qui prend alors son envol sur « des motivations d'accession aux médias et des songes de pipolisation » des candidats (29).
François Jost cherche ensuite à cerner « de quoi la télé-réalité est le symptôme » (30), répondant à la question sur les causes du succès de ce genre télévisuel et phénomène social, allant ainsi plus loin que l'analyse des liens télévision / réalité sous les angles classiques du reflet ou de la causalité.
Serge-Henri Saint-Michel