On aime ou on déteste. On aime ET on déteste, en l'occurence. On aime le film, l'histoire angoissante et claustrophobe de George Lucas, l'immense espace blanc, vide et pourtant oppressant où sont enfermé les déviants, les souterrains, les méandres de ce monde blanc, les cabines qui rassurent les bons croyants. On aime l'odyssée de ce personnage qui parvient finalement à sortir, mais sortir vers quoi ? Naître ou ne pas naître ?
On déteste la version Lucas "tritouillée", avec ses effets numériques, ses plans ajoutés, ses hauteurs redéfinies, ses profondeurs corrigées, ses détails robotiques, tout ce qui "antidate" le film mais pourtant, assez singulièrement, ne le privent pas de l'essentiel: une oeuvre cinéma, ce n'est pas que des images, c'est une ambiance, un son (voir Eraserhead de Lynch). Je ne parviens pas à me décider personnellement si j'aime ou si je déteste. Les cinéphiles détesterons, sûr, ils détestent toujours ce qui modifie une oeuvre majeure. Mais laissons l'artiste revenir à son oeuvre et en faire ce que bon lui semble. Les autres découvrirons un film qui n'a pas vieilli, non à cause des nouveaux effets mais à cause de son thème plus actuel que jamais.