Il s'agit du premier album du duo Parsons/Woolfson, dans sa version originale avec pressage 24K audiophile, respectant la première version, et non le remastering de 1987 qui lui correspond au pressage courant et qui comprent une introduction de chacune des deux parties de l'album par Orson Wells, quelques soli de guitars, quelques "sound design" de synthé. Les deux versions ont leur charme, bien que je préfère l'original présenté ici sur le pressage de mobil fidelity.
La première partie est plutot rock avec un seul instrumental en introduction (A dream within a dream). Tous les morceaux sont liés comme une suite. Le deuxième morceau the Raven est le premier morceau rock à comprendre du vocoder.
La deuxième partie reprend une partie de l'oeuvre de Debussy ayant le même titre légèrement reorchestré par Andrew powell -il s'agit d'un opéra inachevé de Debussy, ici expurgé des voix, dont il existe une version sortie chez EMI hélas épuisée-, completement orchestral se terminant par un orage enregistré au studio d'Abbey Road (!) : Magic, pour se poursuivre sur le mode instrumental, très atmosphérique -Pink Floyd n'aurait pas fait mieux, même si cela n'est en aucun du plagiat-, pour se terminer en un court morceau bruitiste ! Le Chanson final revient au style de la première partie avec une chanson très beatlesienne !
Il s'agit d'une incontestable réussite avec un mariage parfait entre la composition (woolfson/Parsons), l'arrangement (Powell), la production (Parsons) sur l'oeuvre d'edgar A. Poe dont l'idée première vient d'Eric Woolfson, qui en donnera en solo une suite -moins bien réussie-.
Cet album est INCONTOURNABLE même s'il demande une écoute répétée. Il s'en dégage une telle atmosphère, parfum à la fois désuet et éternel... unique dans le monde du rock = ce n'est pas du rock progressif, pas du rock tout court, pas de la pop, pas de la musique contemporaine, pas de la musique de film et tout cela en même temps !