Critique
La fin des années 1970 a été dure à avaler pour Richards (problème avec la justice pour détention de drogue, perte de son fils) mais en plus, les conséquences de ces dérives ont débordé sur les Stones et l’union artistique ô combien fructueuse entre Jagger et lui. En 1988, les deux rockers sont en pleine brouille mais chacun veut prouver au monde qu’il peut rouler sans les autres pierres.
La voix du guitariste des Stones peut bien faire rire certains, ils ne peuvent en revanche douter de la sincérité de la démarche artistique au coeur deTalk Is Cheap. Alors que de jeunes espoirs prennent attitudes et postures avant même d'avoir un nom, Keith Richards retrousse ses manches et se charge de rappeler à tout le monde d'où il vient et à quoi il doit sa survie.
Un an après avoir rencontré Steve Jordan sur la bande originale au film hommage à son maître Chuck Berry, Hail! Hail! Rock'n'Roll, Richards retrouve le compositeur et producteur pour former le groupe The X-Pensive Winos, et se lance à son tour, après Jagger, dans l’aventure solo.
L’album doit être salué pour ce qu’il est. Un très bon disque de rock et de rhythm’n’blues qui n’a pas d’autre prétention que de procurer un plaisir simple et immédiat aux amateurs du genre. Et même au-delà. Le groove de Richards a toujours été une machine à danser, et, soutenu par tous les membres des X-Pensive Winos, il peut se permettre ici de visiter d’autres contrées. Du funk de « Big Enough » (avec la participation de Maceo Parker) à « Make No Mistake » (en duo avec la très soul Sarah Dash, des Bluebelles), aux rythmiques blues électriques d'« It Means A Lot », le guitariste a surtout eu envie de se faire plaisir.
Bien lui en a pris :Talk Is Cheap,
album présenté comme un prétexte pour « recharger les batteries » par son instigateur, devient rapidement disque d’or.
Anne Yven - Copyright 2013 Music Story
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