Il est une chose dont je suis sûr, c'est que lorsque que paru "Talk", après le mitigé "Union" réunissant toute la famille Yes, ce dernier disque d'avec le guitariste Trevor (le) Rabin aurait à tous les coups été auréolé de 5 étoiles sur le barème de notation. Disons le tout de suite, "Talk", même avec seulement 6 titres, est bien souvent un enchantement pour mes oreilles.
Revenu à la formule qui était la sienne sur les deux joyaux que demeure "90125" et "Big generator", "Talk" se différencie pourtant asser nettement de ses demi frangins. Tout d'abord par une production beaucoup plus "live" et brut qu'à l'accoutumer. L'équilibre, entre chaques instruments, chaques musiciens, étant fort heureusement parfaitement respecté, pas d'inquiètudes donc de ce côté là.
L'autre singularité de "Talk", c'est ce mélange entre l'écriture de Trevor Rabin (dont les aspirations sont toujours à chercher du côté du Hard Rock et/ou du Rock FM plus généralement) et l'idée de ce que certains auront continués de se faire de la musique de Yes, la vraie diront-ils sûrement, je veux bien sûr parler de ce mot qui me terrifie ... Presque: Le Progressif.
Car à la différence d'un album tel que "Big generator", Jon Anderson semble cette fois avoir repris les reines de son dinosaure de groupe, alors que ces mêmes reines semblaient lui échappée de plus en plus ces dernières années, et ce, depuis l'intégration du guitariste Trevor Rabin. Il en résulte donc un album à l'aspect pour le moins atypique, ou la mécanique de certains morceaux ne tournent cependant pas toujours sous le meilleur régime. Ainsi, le titre "State of play" est selon moi un peu gaché (vraiment un peu) par l'interprétation quelque peu maniérée des vocaux de Jon Anderson: Ses aigües n'étant pas toujours facile à appréhender. De même, le duo vocal de Jon Anderson et du bassiste Chris Squire, pèse également un peu sur l'introduction (et l'introductif) "The calling". "Walls" quant à lui est sans doute trop estampillé du sceau de Supertramp. Normal me direz vous ! puisque signé de la main même de Roger Hodgson. Ce titre leger est aussitôt suivit d'un autre très beau moment, l'intimiste "Where will you be", aux forts accents de World music ... Façon Peter.
Je mentionnais, il a un instant, le parfait équilibre entre les instruments. Pas tout à fait en faite. Le mix batterie écrase quand même beaucoup l'ensemble. La grosse caisse est envahissante. Dans le même temps, c'est tout le contraire qui se produit pour les claviers de Tony Kaye. Ils sont eux particulièrement discrêts, pour ne pas dire quasi absents.
Petite parenthèse: A sa façon, je ferais presque le parallèle avec l'album d'un autre groupe, Toto, pour son album le plus "guitares" qui soit: "Kingdom of desire".
Pour en revenir à Yes, le groupe termine ce "Talk" par un feu d'artifice, grace aux sublimes quart d'heure de "Endless dream". Découpé en 3 phases, on le voudrait ... Sans fin.
En résumé, un album donc truffé de qualités, remplit de personnalité, avec toute fois son lot de tout petits défauts ... De ci de là.
Nobody is perfect ! 17/20