L'autre paradoxe veut que l'auteur se soit peu investi dans la rédaction de ce texte. Faulkner l'aurait écrit en six semaines, entre minuit et quatre heures du matin, au fond d'une soute à charbon. Un véritable tour de force, dont, à n'en pas douter, il était plutôt fier.
Totalement novateur, le récit allie farce grotesque et tragédie humaine. Anse Bundren et sa famille entreprennent un voyage funéraire pour aller enterrer la femme de ce dernier, quelque part dans le Mississippi. Sous la chaleur de juillet, le corps se décompose, les mulets se perdent, un des fils se casse une jambe, l'autre perd la raison, tandis que le père ne pense qu'au nouveau dentier qu'il va s'acheter.
Autour du cadavre de la mère, les monologues intérieurs recomposent les vies de chacun, jusqu'au point final. Quand, venant tout juste d'enterrer son épouse, Anse Bundren, muni de son nouveau dentier, se présente devant ses fils avec une nouvelle femme, il dit comme ça : "Je vous présente Mrs Bundren." Et le convoi mortuaire retourne à son désert. --Stellio Paris
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Caustique à souhait !...,
Par
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Tandis que j'agonise (Poche)
William Faulkner nous livre dans ce récit une véritable épopée tragique, lancinante, fastidieuse et morbide, d'un pauvre père de famille et de ses cinq enfants. Tout tourne autour du récit de ce long chemin, qui n'a pour but que de mener à bon port le cadavre de leur mère tant aimer.Ce roman est articulé autour d'une narration faite par les différents personnages que compose l'histoire, avec leurs propres sentiments de la situation, ainsi que les détails personnels de leurs vies, qui n'ont rien à voir avec le sujet principal, mais qui en donnent toute la consistance. Tour à tour, William F. a nommé les chapitres par le prénom de celui qui raconte l'histoire. Aussi abracadabrant que cela puisse paraître, tout est décrit avec précision ; qui va de la fabrication du cercueil par l'ainé, en passant par cette longue et terrible route chaotique, et enfin l'arrivé dans les lieux souhaités par la défunte, où, là, encore, une multitude de situations autant cocasses qu'inattendues, adviennent. Ce mêle à cette histoire, des sentiments de joie, d'amour, d'inconscience, de haine, de jalousie, de peur et l'insouciance des autres dans le soutien fraternel... la folie aussi parfois ; la vie en sommes ! C'est un très beau roman, peut-être pas une grande oeuvre de W. Faulkner, mais il m'a touché au coeur et m'a ému... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
22 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Hallucinant!,
Par Ourousai "ourousai" (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tandis que j'agonise (Poche)
Lire ce roman, c'est recevoir un coup de poing dans le ventre!Plongée vertigineuse dans les profondeurs de l'Amérique des fermiers blancs misérables dans les années 30, aux frontières de l'animalité et de l'humain. A lire absolument en VO, même si on n'est pas très fort en anglais, en s'aidant de la traduction française de l'édition bilingue. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Extraordinaire,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tandis que j'agonise (Poche)
"Tandis que j'agonise" est le récit à multiple voix de la mort et de l'enterrement d' Addison Bundren, mère de famille dans l'Amérique du Sud si chère à Faulkner.Le récit monotone du parcours de ce corps, agonisant, mort, puis pourrissant, est rythmé par le décompte angoissant de la putréfaction annoncée de cette ultime mission confiée par la mourante: être enterrée à Jefferson avec sa famille, demande qui sonne comme un punition, un fardeau souligné par d'autres épreuves, les intempéries, l'argent qui vient à manquer, la peine de la jeune soeur qui souhaite cacher sa grossesse... Mais malgré le changement, irrégulier, des narrateurs, Faulkner se joue dans ce récit du lecteur, les affiliations, longues à comprendre, sèment le trouble, et plus précisément recréent cette sensation de perte et de manque de repères dans une famille qui manque de centre de gravité. Le fils aîné Dash, construit le cercueil de sa mère sous son regard imperturbable. Le plus jeune fils, Vardaman, qui tue un poisson au début du livre, confond dans ses pensées sa mère et ce poisson, et semble s'approcher d'une vérité inconsciente "ma mère est un poisson, la mère de Jewel est un cheval". Cet autre fils, au caractère farouche, que tout semble distinguer des autres, mais qui demeure le préféré de la mère, se révèle être issu d'une autre liaison, don l'aveu est avorté au moment même où la mère disparaît. Le dernier fils, Darl, est celui auquel le plus de chapitre est consacré, on se sent donc naturellement plus proche de lui, alors que les autres récits le décrivent comme un garçon inquiétant et fou. Paradoxalement les narrations de Dash semblent plus confuses, de même celles de Vardaman, mais c'est bien Darl qui se fait enfermer au final de l'histoire, continuant d'achever la confusion de la lecture. Car finalement, ce récit entremêle les confidences, les pensées et les commentaires de chaque personnages ne suffit pas à recréer la clarté d'une narration omnisciente. Et c'est bien sur ce trouble que joue Faulkner, même avec tous les éléments il manque, et il manque toujours, une donnée objective qui échappe au lexique et à l'entendement humain. Le récit se conclue de la même sorte, Anse, le père, qui semblait enlisé dans les complexes d'une politesse exacerbée et imbécile (ses principes qui lui enjoignent de refuser de l'aide, qui le pousse à enduire la jambe cassée de son fils dans du ciment plutôt que de le conduire à un médecin s'il n'en a pas les moyens) témoigne avec une simplicité incroyable de n'avoir eut finalement de hâte que d'acheter un dentier en ville, et cela au détriment des tous ses enfants. L'écriture de Faulkner, toujours lapidaire et efficace, retrace ce parcours mortuaire au travers de ce qui semble être les différents cercles de l'enfer humain, semant dans l'esprit du lecteur le même désordre mental qui semble être le pouls de cette famille. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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