Maylis de Kerangal, c'est une originalité et un style délicat. Ses romans traitent, dans un contexte inhabituel, des relations humaines entre des êtres très différents qui se croisent inopinément. Ici, c'est la rencontre dans le transsibérien d'un futur soldat et d'une jeune française.
Aliocha, 20 ans, vient d'être enrôlé dans l'armée et part avec ses futurs camarades vers l'est sibérien. Dans ce train commencent déjà la vulgarité et la violence qui l'attendent à l'armée. Aliocha possède à la fois la fragilité et le romantisme de sa jeunesse et la force d'un futur soldat. L'armée fait peur à ces jeunes gens qui tentent par tous les moyens d'y échapper.
Hélène retourne en France, déçue de son amant russe qui s'intègre si bien dans ce pays qu'il découvre après son exil français.
C'est donc la rencontre de deux êtres pressés de fuir l'est sibérien qui, réunis dans un regard vont tenter de se comprendre sans parler la même langue.
L'auteur nous berce au rythme de ce voyage en train de longues et riches descriptions, tant sur le visage et l'attitude des personnages que sur le paysage. Et sa description du lac Baïkal vous donne vraiment envie d'aller découvrir ce lieu magique.
Le récit est court et pourtant l'auteur parvient à construire une histoire complète qui allie suspense et émotion, une belle rencontre où se mélangent l'étroitesse et l'austérité de ce train avec la grandeur et la beauté des paysages.
Un roman et un auteur à découvrir absolument.