Après
Moscou, album varié et richement orchestré, Jean-Louis Murat revient à une instrumentation plus classique (piano/guitare/basse/batterie). Les compositions élégiaques de ce premier album qu’il ait
autoproduit sont, de fait, plus dépouillées que celles du prédécesseur. Peu après la sortie du disque, le chanteur expliquait dans une interview à
La Libre Belgique (28 août 2006) : « L’album est dédié à deux très bons amis qui sont décédés accidentellement durant l'année écoulée. J'ai failli perdre mon voisin paysan aussi, qui est quasi comme mon père. Et s'il y a un thème qui file tout au long de l'album, c'est sûr que c'est la mort. Donc le thème de la vie, évidemment ». De fait, hormis quelques compositions entraînantes ou légères (
« Billy »,
« Maudits »,
« Est-ce bien l’amour ? »),
Taormina frappe surtout par son atmosphère intimiste, voguant entre douce mélancolie (
« Démariés »,
« Taormina »), célébration de l’amour et de la vie (
« Est-ce bien l’amour »,
« Au-dedans de moi ») et apaisement contemplatif (
« Accueille-moi paysage »,
« Le chemin des poneys »). De l’entraînant blues électrique de
« Caillou » jusqu’au très beau
« Gengis », qui conclut
Taormina dans la délicatesse mêlée du piano et du chant sur fond de vagues marines, ce treizième album studio de Murat recèle son lot de délices. A l’image du doux et mélancolique
« Démariés », du splendide
« Accueille-moi paysage » (l’une de ses meilleures compositions, qui rappelle un peu le Murat des années 90) ou encore du languide et pénétrant
« La raie manta » – pour n’en citer que trois. Entre pop, ballades bluesy et mélopées mélancoliques, Murat livre ici un album certes moins sophistiqué que ses précédents albums, mais plus intime, peut-être plus introspectif, et d’une beauté et d’une finesse qui souvent font mouche.
Mikaël Faujour - Copyright 2013 Music Story