Nous sommes au 23ème siècle.
50 hommes et femmes quittent la Terre à bord du Leonora Christine, (un vaisseau spatial révolutionnaire qui fonctionne avec l'énergie récupèrée dans l'espace) pour atteindre une planète située à 30 années-lumière. L'appareil se déplacera environ à la vitesse de la lumière. A bord, le temps subjectif sera ralenti. Pour l'équipage, ce voyage d'une durée réelle de trente ans ne prendra qu'une décade.
Mais le système de décélération du vaisseau est gravement endommagé lors d'une collision avec un nuage de poussières interstellaires. L'accélération se poursuit donc inexorablement jusqu'à atteindre la vitesse de la lumière ' Tau Zéro. Et voilà le vaisseau qui fonce à travers les galaxies. A bord, ce ne sont plus les décades, mais les éons qui filent en un clin d'½il. Une fois parti aussi loin dans le temps et dans l'espace, est-il encore possible de revenir ?
Un pur roman de science-fiction, « l'ultime » aux dires de James Blish, « son meilleur » à ceux de l'auteur lui-même. Toute la problématique, pour ne pas dire l'essence même de la conquête et de la colonisation de l'espace, est posée de façon toute scientifique. Comment gérer des distances aussi phénoménales ? Comment s'y retrouver dans le rapport espace-temps et même dans le temps des milliards d'années du cosmos alors que seulement quelques semaines ou quelques mois défilent à l'intérieur de la carlingue ? Les personnages sont attachants particulièrement ceux de Carl Reymont, l'Inspecteur courageux, d'Ingrid Lindgren, le Premier Officier et d'Ai-Ling, la scientifique amie de Carl qui a une telle grandeur d'âme qu'elle en arrive à s'effacer devant Ingrid qui fut le précédent amour de Carl. En plus des réalités scientifiques, Anderson a su s'attacher à développer toute une palette de sentiments humains dans cet étrange et passionnant huis-clos.
Il est un peu dommage qu'actuellement ce livre ne soit disponible qu'en anglais.