"Taxi 4" a été l'un des plus gros cartons de l'année 2007. Que peut-on y faire ? Rien, si ce n'est se lamenter encore une fois, quitte à paraitre prévisible, sur la médiocrité d'un certain spectacle à la française. Car le film de Gérard Krawczyk est un objet détestable, uniquement obsédé par la recette du succès. Une recette qui a fait ses preuves avec le premier volet et que les trois suivants se sont donc contentés de réchauffer.
L'ingrédient fondateur de cette série se résume à la mise en place de quelques personnages très typés : un chauffeur de taxi aussi fonceur que malin (Samy Nacéri), des flics à côté de leurs pompes (Frédéric Diefenthal, Bernard Farcy), des méchants venus d'ailleurs (auparavant des Japonais, ici des Belges), sans oublier une poignée de bimbos au caractère et au sexe bien trempés (Emma Sjöberg, mais heureusement plus - enfin, pour elle, car c'est toujours un plaisir de la voir - Marion Cotillard qui, comme on la comprend, a préféré opter pour
La Môme). Pour évoquer le reste, deux mots suffisent : cascades et gags. "Taxi 4" est archi-nul et après ? Est-il plus dégénéré qu'un épisode précédent, y a-t-il plus de blagues racistes, de beaufitude, de bâclage ? Pas spécialement. La seule valeur de ce truc, c'est justement qu'il n'en a strictement aucune. Autant les autres volets promettaient quelque chose, un univers (Marseille, Paris, la montagne), une vague progression psychologique, autant celui-là garantit la resucée complète, sorte de clone cloné. Non, on ne peut pas s'énerver pour si peu. De toute façon, Besson (producteur) a gagné par K.O. Il a compris l'essentiel : qu'il est seul sur le marché français à vendre du film de genre et qu'il peut, du coup, tout se permettre : humiliation, domination et outrage creusent tous ses récits (
Danny the dog,
Le baiser mortel du dragon). Soi-disant cocktail d'humour et d'action, "Taxi 4" se permet de tromper sur la marchandise. D'action, on en trouve à peine cinq minutes dans une ouverture digne d'une bande-annonce. Quand à l'humour....