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Tazmamart : Cellule 10
 
 
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Tazmamart : Cellule 10 [Broché]

Ahmed Marzouki
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Descriptions du produit

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"Tazmamart n'existe pas". C'est ce qu'ont prétendu pendant près de 20 ans les autorités marocaines. Et pourtant. Après 18 ans de détention, quand s'ouvrent les portes de cette prison d'un autre âge, 28 détenus survivants sortent de l'enfer. Ahmed Marzouki, qui a occupé la cellule 10 de ce mouroir, témoigne.

Au début des années 70, 58 officiers et sous-officiers impliqués, à leur corps défendant, dans deux tentatives de coup d'État, sont enfermés à Tazmamart. Détenus dans des conditions inhumaines, à la merci d'un directeur et de gardiens sadiques, torturés et laissés à l'agonie, à la folie et à la mort, seuls 28 survivront.

C'est un récit douloureux, atroce, à la limite du soutenable. Comment l'Homme peut-il infliger pareil traitement à ses semblables ? Comment peut-on survivre à de telles conditions de vie, "amputé de sa jeunesse", de tout espoir ? Telles sont les questions qui surgissent à la lecture de ce livre. Point de haine ni de volonté de revanche pourtant dans les propos d'Ahmed Marzouki. Mais le témoignage d'un homme contre l'indifférence et l'oubli, pour qu'un tel supplice ne se reproduise pas. --Maya Kandel

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En 1972, après une double tentative de coup d'état contre le régime, cinquante-huit officiers et sous-officiers marocains sont arrêtés. Lors d'un simulacre de procès, ils sont condamnés à diverses peines de prison. Mais tous sont enlevés et conduits en plein désert pour être enfermés dans le bagne de Tazmamart. Débute alors un calvaire inimaginable et soigneusement tenu secret par le régime marocain, qui conduira plus de la moitié d'entre eux à la mort, laissant aux autres des marques indélébiles. Pendant dix-huit ans, ils vivront au rythme de la torture quotidienne, dans des conditions inhumaines de détention, chacun logeant dans une cellule de trois mètres sur deux, privée de lumière, d'eau et aérée seulement par dix-sept trous percés dans les murs. Lorsque les portes s'ouvriront en 1990, grâce en partie à la pression internationale, les vingt-huit survivants que l'on découvrira ne seront plus que l'ombre d'eux-mêmes.
Ahmed Marzouki était sous-lieutenant au moment de son arrestation. Son témoignage débute avant-même le coup d'état manqué de juillet 1971 et s'achève sur son apprentissage renouvelé de la vie au dehors après sa libération, dans un Maroc encore aux prises avec certaines pratiques très peu démocratiques. Mais l'essentiel bien sûr reste le quotidien des prisonniers de Tazmamart. Avec une remarquable distance, sans haine ni acharnement, Ahmed Marzouki retrace les journées sans espoir de ces hommes condamnés à vivre l'innommable. Si la dureté du régime imposé frôle le surnaturel, l'incroyable ingéniosité avec laquelle les prisonniers ont tenté d'améliorer leur condition constitue l'une des seules lueurs d'espoir de ce bouleversant témoignage. Avec Tazmamart Cellule 10, Ahmed Marzouki livre un récit poignant sur la situation passée et présente d'un pays qui reste à construire, en même temps qu'il rend hommage à tous ses compagnons d'infortune, survivants ou disparus. --Isabelle Yaouanc

Quatrième de couverture

Au soir du quatrième jour, un détenu, qui ne parlait plus depuis longtemps, cria soudain: « Faraj est là ! » Tous les camarades qui pouvaient encore tenir debout s'approchèrent du trou de leur lucarne, le souffle coupé, pour assister au retour de ce petit pigeon, étrange et têtu, qui n'admettait pas que sa place fût avec les vivants, mais voulait revenir avec nous, les morts-vivants. Il allait et venait sur le grillage, et tentait maladroitement d'entrer. Il me regardait pour me demander de l'aide; personne ne pouvait rien faire, mais nous avions tous le coeur serré d'émotion... Faraj se laissa tomber tout entier dans le trou du grillage et atterrit devant la cellule n° 10, la cellule de son enfance, tellement exténué qu'il échoua plusieurs fois avant de se poser sur la main que je lui tendais. Lorsqu'il y parvint, les détenus les plus proches de ma cellule purent m'entendre pleurer à chaudes larmes.

Pendant longtemps les autorités marocaines ont nié l'existence du bagne de Tazmamart situé en plein désert dans le Sud du pays. Pourtant, cinquante-huit officiers et sous-officiers, fantassins ou aviateurs, y furent enfermés pour avoir été impliqués, à leur corps défendant, dans les deux tentatives de coup d'Etat de juillet 1971 (Skhirat) et août 1972 (attaque contre l'avion du roi). Après dix-huit ans de détention dans des conditions inhumaines, quand s'ouvrent les portes de Tazmamart, vingt-huit d'entre eux avaient survécu. Celui qui occupait la cellule 10, Ahmed Marzouki, témoigne au nom de tous, disparus et survivants.

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