J'ai savouré chaque minute de ce précieux enregistrement : équilibre parfait de l'orchestre, respiration du chant musical, art de la transition, pianissimi tragiques, fortissimi déchirants, contrepoints inattendus, urgence sans précipitation, poids des silences : Reiner réussit là où beaucoup échouent. Ecoutez vers 13' dans le 1er mouvement la très longue tenue du thème aux cordes, tendue et tragique à l'extrême, mourant dans un long decrescendo s'enfonçant dans les abîmes du désespoir accompagné par des accords aux cuivres implacables. Ecoutez le contrepoint délicat des cordes dans le II répondant au thème principal : du très très grand art... Même dans l'ouverture 1812, Reiner ne tombe pas dans le piège du descriptif et du nationalisme. Quant à la Mephisto-Valse, elle porte décidément très bien son nom.