Steve Reich, de son vrai nom Stephen Michael Reich, est né en 1936 à New York, USA. Durant son adolescence, il découvre le jazz par l'intermédiaire de ses amis ; sa passion pour le rythme le pousse à étudier sérieusement les percussions avec Roland Kohloff, timbalier du New York Philharmonic. Il obtient son diplôme de philosophie de la Cornell University en 1957, mais décide de poursuivre des études de musique à la Juilliard School of Music de New York, où il est inscrit de 1958 à 1961 dans les classes de piano et de percussions avec Vincent Persichetti (1915-1987) et William Bergsma (1921-1994), mais suit aussi des cours de composition privés avec le pianiste de jazz Hall Overton (1920-1972). C'est également durant cette période qu'il rencontre Peter Schickele (né en 1935), Philip Glass (né en 1937) et Art Murphy (1942-2006). De 1962 à 1963, il étudie la composition avec Darius Milhaud (1892-1974) et Luciano Berio (1925-2003), nouvellement recruté au Mills College d'Oakland en Californie. Sous l'influence de ce dernier, les compositions de jeunesse de Steve Reich sont écrites dans le style dodécaphonique, mais déclarera plus tard, en réaction, que « John Cage et le sérialisme ont surtout représenté pour moi une influence à combattre », et que ses influences musicales fondamentales sont les oeuvres de Jean-Sébastien Bach, de Claude Debussy, d'Erik Satie, de Maurice Ravel, de Béla Bartók, de Kurt Weill, d'Igor Stravinsky, ainsi que le jazz, avec en particulier les compositions de John Coltrane (1926-1967) ; il reconnaît également qu'une autre grande influence sur sa musique vient du cantus firmus, mélodie des organums de Pérotin, compositeur de l'École de Notre-Dame de Paris au XIIe siècle. Il rencontre en 1964 Terry Riley (né en 1935), et collabore, en 1969, avec Moondog (de son vrai nom, Louis Thomas Hardi : 1916-1999) et Philip Glass dans leur démarche commune de créer un mouvement musical minimaliste, initié quelques années plus tôt. Il poursuit par ailleurs son apprentissage musical, en particulier des percussions africaines, auprès de Gideon Alorworye à l'Institut d'Etudes Africaines de l'Université du Ghana à Accra, où il passe l'été 1970, et du gamelan indonésien, cette fois-ci à Seattle et en Californie, notamment avec Nyoman Sumandhi, de 1973 à 1974. A partir de 1976, il effectue un retour vers le judaïsme, et toute la période postérieure aux années 1980 est marquée par des implications philosophiques, religieuses, historiques et politiques importantes dans l'écriture de ses oeuvres.
Parmi les oeuvres majeures qu'il a composé à ce jour, on peut noter « It's Gonna Rain » (1965), « Come Out » (1966), « Piano Phase » (1967), « Violin Phase » (1967), « Pendulum Music » (1968), « Four Organs » (1970), « Drumming » (1971), Clapping Music (1972), « Music for Mallet Instruments, Voices, and Organ » (1973), « Music for 18 Musicians » (1976), « Music for a Large Ensemble » (1978), « Variations for Winds, Strings and Keyboards » (1979), Octet (1979), « Tehillim » (1981), « Eight Lines » (1983), « The Desert Music » (1984), Sextet (1985), « New York Counterpoint » (1985), « Three Movements » (1986), « Six Marimbas » (1986), « Electric Counterpoint » (1987), « The Four Sections » (1987), « Different Trains » (1988), deux Opéras multimédia, « The Cave » (1993) et « Three Tales » (2002), « Nagoya Marimbas » (1994), « City Life » (1995), « Proverb » (1995), « Triple Quartet » (1998), « Electric Guitar phase » (2000), « Tokyo/Vermont Counterpoint » (2000), « Three Tales » (2002), « Cello Counterpoint » (2003), : « You Are (Variations) » (2004), « Daniel Variations » dédiées à Daniel Pearl (2006), ou bien encore « Double Sextet » (2007).
Le « Tehillim » est le « Livre des Psaumes » de la Bible hébraïque. « Tehillim », la première pièce de Reich ait écrit pour des voix, est une oeuvre destinée un ensemble concertant de musiciens et de percussions, et pour quatre voix de femmes. Le plus frappant dans cette composition est l'absence totale de motifs répétitifs - qui constituent l'une des techniques de composition caractéristique de Steve Reich depuis 1965 - de manière à respecter le texte des paumes. Ceux-ci, chantés en hébreu, s'écoulent de manière linéaire, au sein d'un langage harmonique souvent chromatique.