...ce disque demeure le seul que Christopher Hogwood consacra à Telemann.
L'interprétation est fiable, civile, polie, mais souvent trop prudente : comme si l'Academy of ancient music parlait à mi-voix, n'osant déranger par un quelconque contraste ou saillie virtuose.
Les preux solistes (dont Friedemann Immer et Mickael Laird) du "Concerto pour trois trompettes" auraient pu faire resplendir un faste moins protocolaire ; le "Concerto polonois" mieux excaver ses racines rustiques.
Le Finale du "Concerto pour flûte à bec & traversière" se montre ici moins déluré que dans la décapante version gravée par Reinhard Goebel (Archiv, juin 1986).
Ceci dit, la fluide virtuosité des musiciens britanniques dans le "Quadro" d'archets en sol majeur, la délicate ambiance qu'ils communiquent au "Concerto pour flûte, hautbois & viole d'amour", la sereine fiabilité du travail collectif, la poésie du coloris inventé pour chaque oeuvre : cet art de la nuance et du pastel sait raffiner ces pages baroques ici amadouées par une très britannique bienséance.