Reinhard Goebel, Telemann, Quatuors pour flûte : En voilà une bonne nouvelle! À l'écoute de ce disque, mon rythme cardiaque s'accélère ! C'est bon signe. Si certains ont trouvé que le Maître se montrait quelque peu «expéditif» dans la manière d'interpréter ces oeuvres, je ne les en blâme pas ! Ils ont raison. Mais ce qui est fondamental dans l'écoute active, c'est le plaisir. Et c'est exactement ce que j'éprouve à chaque écoute de ces petits bijoux toniques. Excessif, virtuose, enflammé, Goebel impose un rythme à vitesse accélérée à tous ses comparses. Et cela fonctionne admirablement bien! Écoutez, pour débuter la session, la seule oeuvre sans flûte, le TWV 43 B2. Une fois enivré par cette fougue, tournez-vous vers le miraculeux TWV 43 a3. C'est Goebel qui tient le violon ! Le vrai Goebel d'antan, avec un extraordinaire solo, qui nous rappelle ses lointaines prouesses...
Laisse-vous enhardir par le violoncelle (obligé) de deux courts, mais oh combien athlétiques quatuors dirigés par Goebel avec une main de fer. C'est un disque qui «déménage» qui dérange, qui parfois même agace; un véritable remue-ménage des sens qui tourbillonne sans que l'on puisse souffler. Et c'est ça que j'aime ! Que ça brasse ! Que je reste captif d'une musique, qui sans ce Maestro, pourrait paraître bien pâle... (Évitez le Telemann de Florian Deuter sur Harmonie Universelle qui fait exactement le contraire de son mentor ).
Un disque à sensation pour ceux qui ont les nerfs solides.