...les trois brefs Concertos pour quatre violons solos (TWV 40:201-203) que nous entendons ici semblent bien académiques et ne figurent pas parmi les oeuvres impérissables de Telemann, même si Reinhard Goebel et trois autres archets les exécutent ici avec charme et enthousiasme.
L'essentiel du programme se montre plus intéressant.
Dans le Concerto "Die Relinge" (signifiant littéralement une espèce de batracien), on observe comment le figuralisme imitatif (les obsédants coassements de l'Allegro...) s'intègre à une écriture stylisée, révélant la savante maîtrise de l'effet sonore des instruments à cordes dominée par le prolifique compositeur allemand.
Structurée dans le goût français avec ces danses caractéristiques de la cour versaillaise (sarabande, rondeau, courante...), l'Ouverture en ré majeur confie à la viole de gambe un virtuose rôle soliste.
Equilibre et entrain : la "Sinfonia Spirituosa" qui donne son titre au présent CD réunit un plaisir apollinien et dionysiaque.
Plutôt en raison du répertoire choisi que de l'interprétation (superbe et excellemment captée par les micros), ce disque me semble moins prioritaire que les autres albums telemanniens enregistrés par Musica Antiqua Köln.
Rançon du succès : l'équipe de Cologne nous a déjà offert tant de récitals palpitants qu'on en arrive à faire la fine bouche...