Que de chemin parcouru depuis le
Café des Jours Heureux ! Et c’est sans transiger, sans rien sacrifier de leurs convictions, quitte à creuser leur sillon un peu plus profond dans l’alternatif, en montant des projets de A à Z pour se rendre aux plus près des publics de France et de Navarre, que Les Hurlements d’Léo ont forgé leur digne réputation.
Fortes des milliers de kilomètres accumulés, il n’est pas étonnant que leurs chansons néo-réalistes, accordéon et verve désinvolte, se soient étoffées. En 2006, soit dix ans après les débuts du groupe, les huit musiciens des Hurlements d’Léo ont su prendre le meilleur des expériences musicales et humaines glanées aux quatre coins du monde.
En guise de souvenir d’Afrique du nord, l’oud résonne dans « Toujours » ; la voix de Kristin Sauer des allemands de 17 hippies émeut dans
« La Fleur » ; la complicité transpire du duo (ou duel) réunissant Romain Humeau et Kebous dans « Vipères aux poings » ; le reggae rythme et revendique dans « Icône.com ».
Même s’ils gardent ce sens du rythme, ce rock qui fait danser les foules (
« Viatique »,
«Des Tigres et des panthères »), les HDL avouent avec fierté, comme on fait avec pondération un bilan personnel, que c’est la première fois qu’ils ont composé des titres qui ne soient pas taillés pour la scène. On le réalise à l’écoute de la ballade
«L’addiction ».
Comme son nom l’indique, ce quatrième album des HDL a bénéficié d’une période de gestation plus longue, plus réfléchie. Moins brute de décoffrage, l’écriture intelligente et lettrée d’R-1, Erwan Naour, et de Laurent Kebous gagne en grandeur. L’assagissement aussi a du bon.
Anne Yven - Copyright 2012 Music Story