Enfin, c'est pas trop tôt : Abbas Kiarostami n'est plus le seul réalisateur iranien à exporter ses films. Nous avons tout à y gagner : nous allons enfin pouvoir voir des films iraniens non contemplatifs !
Ce "Zamani baraye masti asbha", par exemple, qui, même s'il suit une trame narrative très classique, nous apporte un peu de fraîcheur. Certains rétorqueront qu'il s'agit en fait d'un film kurde, et que c'est peut-être pour ça qu'il n'est pas contemplatif. Peu importe, ce qui compte, c'est que c'est un bien beau film, dont l'action se situe dans les montagnes du Kurdistan, tout près de la frontière irakienne.
L'histoire présente quelques points commun avec celle de "Himalaya, l'enfance d'un chef" : il est question de contrebande, de l'affirmation d'un jeune garçon comme chef de famille, de la dureté de la vie dans les montagnes, etc. Mais Bahman Ghodabi n'est pas Eric Valli, et chacun raconte son histoire à sa façon, sur un ton qui lui est propre. Alors, allez donc voir "Zamani baraye masti asbha", et vous m'en direz des nouvelles. En tous cas, moi, j'ai beaucoup aimé.