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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Chaman apocalyptique, 27 mai 2009
Poursuivant dans la ligne de Mosaic mais en résolument plus rock, David Eugene Edwards (DiEu pour les intimes) nous entraîne sur des terres arides, l'esprit des Indiens soufflant sur lui. Incroyable mélange de chamanisme ancien et de puritanisme old school, mais après tout les 2 se rejoignent. Le passé, le sang, la poussière, les incantations, le pêché, l'homme seul face à ses démons intérieurs. Edwards, medicine man de la musique (folk, rock, bluegrass, country, goth-americana, qu'importe !) nous prend encore au coeur et aux tripes.
Ca démarre fort avec The Beautiful Axe :
"Joy has come
It rises with the son
He the highest on the horizon
Joy has come
In the mind that I see
Beautiful the axe that flies at me"
Du rock brut de décoffrage sur Horsetail, dingue, ça donne envie de prendre son cheval garé près du saloon où se mêlerait une foule improbable de pêcheurs, prêcheurs, chef indiens, repentis et prophètes de malheur, et de chevaucher jusqu'au carrefour où attendrait le Diable. On continue dans l'intensité avec Not One Stone. Je ne sais pas comment DiEu fait pour nous remuer les tripes à ce point. J'oserais même dire qu'une telle intensité en deviendrait presque... insoutenable ? Je déconseille donc fortement ce groupes (et encore plus 16 Horsepower) aux new agers adeptes de Michel Pépé, de relaxation et de musique "bien être", dans le cas où ce genre d'oiseau se serait aventuré sur ces pages (ce qui entre nous a peu de chances d'arriver).
Deux chansons apaisées (en apparence) : Cohawkin Road et Iron Feather, où toute la poésie mystique du génie DiEu se révèle.
A noter une reprise très intéressante, dérangeante, et qui fait presque froid dans le dos, de Quiet Night of Quiet stars, le classique bossa nova. DiEu en crooner, c'est pas mal du tout.
Ca redépote sur Kicking Bird, chant traditionnel Indien - pour inaugurer Kingdom of Ice, sommation ou sermon à l'encontre de l'homme moderne, arrogant et fier, qui croit dominer la nature. Eh oui, je me suis documentée sur le sens des paroles, inspirées du Livre de Job.
Car la religion imprègne et imprégnera toujours la musique de cet homme profondément et sincèrement croyant. Cette foi si visible ne devrait pas pour autant décourager les athées ou les agnostiques, puisque la beauté de la musique, l'intégrité et le génie poétique de DEE, être humain qui gagne à être connu, dépassent largement le pur cadre de l'hymne évangélique simplet et des cantiques du dimanche. L'homme étant totalement inséparable de sa musique, si on aime l'un on aimera forcément l'autre.
L'album se termine sur His Loyal Love, hymne aérien et poignant, suivi d'un morceau sans titre, sorte d'incantation ou de prière chuchotées sur une musique assez expérimentale. La fin est donc apaisée et plus sereine, mais néanmoins intrigante.
Ce qui me fait d'autant plus espérer le prochain album... Allez un 5 étoiles de plus. Merci DiEu !
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
DEE, 9 janvier 2010
Un homme ténébreux à la mâchoire prognathe, assis sur un tabouret, maltraite tour à tour son bandonéon, sa guitare ou son banjo avec un effroyable charisme. Un être possédé arguant des yeux révulsés qui vous ferait envisager l'exorcisme comme unique porte de salut. Une voix envoûtante et torturée qui impose une écoute respectueuse. Un artiste mutique et concentré, qui lâche entre les morceaux son regard pénétrant vers son auditoire sans daigner esquisser le moindre sourire. Voilà le souvenir d'un concert de David Eugene Edwards : une interprétation qui vous prend aux tripes et une expérience qui fait figure de traumatisme étonnament jouissive. Un artiste hors norme dont l'inspiration musicale puise sa source d'une foi incandescente transmise par un grand-père prédicateur qui l'aura marqué à vie de ses obsessions pour l'enfer et la damnation. Il conjugue l'enseignement biblique avec une musique indéfinissable où des influences improbables s'entrechoquent : un héritage de l'americana country-folk nourrie aux seins du Gun Club et de Joy Division...
Ce nouvel album est une nouvelle fois sortie sur "Sounds familyre", le label familial régenté par le déjanté Daniel Smith, leader de la Danielson family, qui se joint d'ailleurs à cette messe incantatoire où David E. Edwards continue ses expérimentations aux harmonies mineures amorcées avec 16 Horsepower. Si les albums précédents "Consider the Birds" et "Mosaic" annonçaient une tendance vers une musique plus atmosphérique flirtant avec l'épure sans en être moins vénéneuse, ce "Ten Stones" marque tout de même le retour d'un rock aux slides acérés comme sur "The Beautiful Axe", "Not One Stone" ou l'excellent "Kicking Bird" et ses chaeurs rageurs. Et, calée entre 2 morceaux d'une nervosité aux allures d'apocalypse, l'étrange reprise de la bossanova "Quiet Nights of Quiets Stars" lève le voile sur un chanteur plus Sinatra que Jeffrey Lee Pierce. Une chanson de crooner donc, mais dont le décor clinquant aurait été ravagé et réduit en poussière ne laissant place qu'à la désolation. Un paysage inhospitalier et tourmenté que David E. Edwards, dans sa quête de rédemption, semble peindre sur toutes ses aeuvres qu'on ne se lasse pas d'explorer.
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1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Déprimés s'abstenir, 7 février 2009
Groupe crée par David Eugene Edwards (les excellents 16 Horsepower).Bon disque mais écoutez en priorité leurs premiers albums (tous) et tous ceux du 16 HP bien-sur. Voix phénoménale, mélange de rock, country avec des reprises de Leonard Cohen stupéfiantes (pour le 16 HP). Le plus étonnant c'est l'ambiance que dégage chaque album (assez lugubre en général).
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