TERMINATOR SALVATION de Danny Elfman (BATMAN RETURNS, SPIDERMAN, WOLFMAN, PLANET OF THE APES...), c'est du lourd! Ou quand la machine Hollywoodienne sort la grosse cavalerie pour sortie maousse et estivale.
Une bande originale sans surprise, qui se conforme aux traditions bien établies depuis des lustres dans la musique de blockbuster d'action américain: élans martiaux, cordes pléthoriques, cuivres ébouriffants, ambiances sombres, surenchère d'effets... De grands moyens sont déployés pour faciliter l'immersion de votre voisin de salle, mangeur de popcorn adulescent bedonnant et nostalgique des années 80, dans le film impérissable de McG (qui livre ici de courtes notes de pochette, expliquant son désir de réaliser le film en respectant l'univers créé par James Cameron tout en apportant du sang neuf -bref, il ménage la chèvre et le chou- et son choix de Danny Elfman, spécialiste du genre comme des séquelles de tout poil). En somme, on navigue en terrain connu, le spectateur ne risque pas d'être bousculé autrement que par de tonitruants effets sonores - et après tout, on aurait eu tort d'attendre autre chose! De ce point de vue, il est indéniable que la chose est efficace. Quitte à écouter ce genre de musique, on peut très bien écouter ce disque-là. Et même y prendre un certain plaisir! 50 minutes de score, qui reprend le thème concocté jadis par Brad Fiedel pour le TERMINATOR original, et un morceau final repiqué au groupe Alice in Chains et daté de 1992. Car dans tout "bon" blockbuster, le générique de fin doit être constitué d'une chanson pop-rock vaguement rebelle destinée à la jeunesse d'aujourd'hui... (ou d'hier, dans le cas présent)! Le format de ladite chanson dépassant rarement les trois minutes, on ajoutera à l'envi sur l'interminable liste des producteurs, cascadeurs et responsables des effets spéciaux des extraits de la musique du film proprement dite, le temps que le dernier spectateur ait quitté la salle. Que dire de plus? L'implication d'Elfman dans ce score particulier n'est pas flagrante, puisqu'il a laissé les orchestrations à quatre arrangeurs ainsi que la direction d'orchestre à un autre gugusse.
Bref: une bande en pilotage automatique, pétrie du savoir-faire des meilleurs techniciens Hollywoodiens. Pour l'inspiration créative, on repassera, mais dans le genre bien balisé de la BO de film d'action estival, on ne fait guère mieux que Danny Elfman...