Dans l'Angleterre victorienne, Tess est une fille de ferme qui apprend un jour qu'elle est issue d'une grande famille déchue, les d'Ubberville. Sa vie va en être transformée à tout jamais.
"Tess" est un film romantique mais hélas pas un grand film romantique. Polanski l'a réalisé en hommage à sa femme assassinée, Sharon Tate, qui aimait le roman original de Hardy (le film lui est dédié) mais il s'est trop préoccupé de sa mise en scène et de sa lumière, lorgnant de façon un pue trop évidente sur le "Barry Lindon" de Kubrick. Du coup, il a oublié de construire son scénario autrement que comme une suite de vignettes, toutes splendides prises séparément mais aux coutures visibles quand on les accole ensemble. On a des personnages qui sont des archétypes (le noble plein de morgue, le fils de pasteur à l'intransigeance maladive, la femme passive qui ne prend jamais son destin en main etc.) et on ne s'y attache pas. Certes, Nastassja Kinski est belle mais cela ne suffit pas, on n'éprouve à son égard qu'une sorte de pitié un peu condescendante, pas de l'empathie, encore moins de l'amour. Et puis, c'est long, c'est interminablement long.
Il en reste au moins une grande splendeur visuelle même si l'on ne se croit jamais véritablement en Angleterre (poursuivi par la justice américaine, et ses affidés anglais), le film ayant été tourné en Normandie et en Bretagne (et le décor reconstitué de Stonehenge à la fin manque un peu de crédibilité).