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Commentaires client les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
La tragédie originelle,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Théâtre complet (Poche)
Eschyle est le plus ancien tragédien dont les pièces nous sont parvenues. Il fait donc figure de père de la tragédie, même s'il a eu des prédécesseurs ; en ce sens, Eschyle a été, avec Sophocle et Euripide, un modèle pour l'ensemble de la production théâtrale occidentale jusqu'à nos jours. Cette édition Garnier-Flammarion nous invite à lire tout ce qu'il nous reste de son théâtre (7 pièces, alors qu'il en aurait écrit plus d'une centaine) ; le nombre famélique des pièces conservées n'est pas sans poser problème.En effet, Eschyle semblait affectionner les "trilogies" comme l'Orestie (composée d'Agamemnon, Les Choéphores et les Euménides) ; or, la plupart des pièces conservées appartenaient à des ensembles qui n'ont pas survécu. Ainsi en est-il des "Suppliantes", tragédie sans intrigue où les personnages semblent se lamenter d'un bout à l'autre de la pièce, ce qui ne peut que désorienter le lecteur contemporain, mais qui était à l'origine la première de trois pièces traitant un mythe mal connu aujourd'hui. C'est qu'il faut se rendre à l'évidence : Eschyle proposait une réécriture de mythes bien connus de son public, et traitait son sujet en plusieurs parties. Pour nous, peu familiers de ces mythes, et ne disposant que d'ensembles mutilés (à l'exception de l'Orestie), le théâtre d'Eschyle est bien difficile à lire... Si on ajoute encore que certains passages ont été fortement altérés, que les dialogues ressemblent davantage à des monologues succédant à d'autres monologues, et le lecteur peu motivé aura vite fait de refermer le livre. Et pourtant, quel dommage ! Lire Eschyle nécessite de réviser nos attentes concernant le théâtre. Il nous faut considérer la tragédie dans son origine religieuse ; alors, on comprend que le dramaturge nous livre une interprétation de la condition humaine. Les hommes n'ont pas de prise - ou si peu - sur leur vie : tel paie le prix des méfaits de ses aïeux, tel peut payer un acte que les dieux mêmes exigeaient (Agamemnon, Oreste), et les suppliantes n'échapperont finalement pas à leur destin. L'Homme n'est que le jouet d'un destin toujours cruel ; il n'y a pas de refuge pour lui hors de la Cité et de la communauté des hommes. Transgresser les lois de la communauté humaine, fut-ce au prix d'idéaux supérieurs (ainsi le préfigure le projet d'Antigone à la fin des Sept contre Thèbes), est une impasse. La vie est tragédie ; il appartient aux hommes de le comprendre et de l'accepter. Ceci étant, l'œuvre d'Eschyle nous donne aussi à connaître des légendes dont on est peu familiers ; elle est donc une source pour qui veut mieux connaître la pensée grecque. La notice précédant chaque pièce fait office de guide - un peu léger - pour combler nos lacunes en la matière. Lire Eschyle aujourd'hui est difficile. On est désorienté par son traitement dramatique ; le fait que les pièces conservées aient souvent appartenu à des ensembles plus grands n'arrange rien. Je ne peux donc conseiller ce livre qu'à des lecteurs prêts à s'investir. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Premiers exercices de la liberté de l'homme contre les dieux, la fatalité, l'ordre établi,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Théâtre complet (Poche)
"Le Prométhée enchaîné" (Eschyle, - 526, - 456 avant JC) est dérivé de la mythologie grecque. Pouvoir et Force, deux exécuteurs des volontés de Zeus et le fils de Zeus, Hèphaistos, ont amené le titan Prométhée sur une montagne, coupable d'avoir dérobé le feu aux dieux et d'en avoir fait présent aux mortels. Ils ont reçu l'ordre de clouer le coupable au sommet de la montagne. Hèphaistos, pris de pitié, se résout finalement à ne lui enfoncer un clou que dans la poitrine.René Girard a, notamment dans La Voix méconnue du réel, démontré la barbarie des mythes, qui toujours, font apparaître coupable la victime innocente. En voici encore une belle illustration. Voici quelques citations à méditer, dont la profonde sagesse est souvent de grande beauté. Elles appellent à la réaction et donc, au combat pour la liberté. "Tous les métiers sont déplaisants, sauf celui de roi des dieux, car nul n'est libre que Zeus." "Il faut supporter aussi bien que possible le lit que la destinée nous assigne et savoir qu'on ne peut lutter contre la force de la nécessité". "C'est sans doute un mal inhérent à la tyrannie, de n'avoir pas confiance en ses amis." "Allons ami, dis-nous quel bienfait t'a valu ton bienfait. Quel secours, quel appui attends-tu des êtres d'un jour ? Ne vois-tu pas la débile impuissance qui enchaîne comme dans un rêve l'aveugle race humaine ? Jamais la volonté des mortels n'enfreindra l'ordre établi par Zeus." "Je n'échangerai pas, moi, sache-le bien, mon malheur contre ton esclavage". "Mais ta violence est fondée sur un faible raisonnement; car l'entêtement, quand on raisonne mal, n'a pas par lui-même plus de force que rien." Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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