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L'auteur de cette monographie, Christine Peltre, est ainsi confronté à une rude tâche : restituer l'importance de l'œuvre d'un artiste que ces contemporains comparaient à Delacroix. Le texte cohérent et précis retrace donc avec justesse la vie de Chassériau. Mais c'est surtout l'iconographie qui rend cet ouvrage intéressant. Riche de dessins, d'esquisses et même de vues des grandes fresques qu'il réalise pour les institutions, cet album montre la spécificité de ce peintre dans le milieu français de l'époque. Dès lors, on saisit mieux sa fascination pour les motifs exotiques ou même historiques. Ce Théodore Chassériau doit donc être considéré comme une bonne monographie sur ce peintre à découvrir. --Damien Sausset
Présentation de l'éditeur
L'ouvrage de Christine Peltre tente de redéployer dans une abondante iconographie la richesse de Chassériau et, à la lumière des recherches récentes, s'attache à renouveler son approche - la dernière étude complète consacrée à l'artiste date de 1974.
Personnalité du « Paris moderne », celui de Tocqueville ou de la comtesse dAgoult, le peintre souhaite « rajeunir » l'histoire du monde, et l'on peut dans certaines scènes retrouver les accents des conférences de Lacordaire, dont il a fait le portrait en 1840. Amant de l'actrice Alice Ozy, ami de la tragédienne Rachel, Chassériau s'exprime dans sa peinture en homme de théâtre et il donne de Shakespeare une vision personnelle et inspirée. Dans l'exotisme enfin, avant comme après le voyage d'Algérie en 1846, il trouve des possibilités d'expression nouvelle en mêlant Orient et Occident : de certains panneaux du décor de la Cour des comptes ou des scènes de baptême de l'église Saint-Roch, on peut dire, avec Théophile Gautier, qu'ils sont d'« un Indien qui a fait ses études en Grèce ».
Les dessins, riches de nombreuses annotations, retracent le cheminement des oeuvres et la complexité d'une inspiration avide de liberté qui, loin d'être bridée par l'encombrant parrainage de deux maîtres, a sans cesse recherché des voies : nouvelles, comme en témoigne symboliquement, peu avant la mort de l'artiste, la jeunesse ardente de La Défense des Gaules (1855).