Biographie bien pâle sur le dernier empereur romain réunissant sous sa seule autorité l'Occident et l'Orient. Je suis resté un peu sur ma faim la trouvant peu suffisamment étoffée, est-ce le fait d'une documentation pauvre ne permettant guère de faire autrement ou un choix délibéré de l'auteur, je ne sais, mais je m'attendais à une biographie plus riche. En revanche le style est clair et agréable à lire.
De même l'ouvrage comporte peu d'annexes, pas de liste chronologique, d'arbres généalogiques, cartes, de tableaux récapitulant quels furent les derniers empereurs avant Théodose en précisant leurs zones d'influence, leurs origines... On est là dans le strict minimum, un type de biographie que l'on trouvait couramment il y a 40 ans, sans côté pratique qui aiderait à la lecture et à la compréhension de l'ouvrage ....
Même l'état civil de Théodose me parait peu clair dans l'ouvrage, Flavius Theodosius, Flavius est-ce son prénom ? Son nom ? Auquel cas Théodose ne serait que le cognomen, etc. Aujourd'hui on s'attend à des ouvrages plus précis, et quand les renseignements manquent, que ces manques soient précisés, levant par là toute ambigüité.
Théodose, après Constantin, est connu comme l'empereur chrétien par excellence, en fait celui qui aurait fait passer officiellement l'empire romain de païen à chrétien. L'auteur s'attache donc à nous montrer le rôle qu'eut Théodose dans la christianisation de l'empire, et par là, relève aussi certaines exagérations ou altérations qui sont arrivées jusqu'à nous pour certains de ses actes.
Par exemple le fameux édit de Thessalonique du 28 février 380 réputé, à tort, comme étant l'acte officiel de christianisation de l'empire, or cet édit, se limitait strictement à Constantinople, donc pas à l'ensemble de l'empire, et de plus ne concernait que les chrétiens, il règle ou sanctionne des divergences entre chrétiens, et en aucun cas ne déclare ni n'impose à tous, l'universalité de la religion chrétienne dans tout l'empire.
L'auteur nous montre bien que le souci premier de l'empereur était que le dogme de l'église fût parfaitement défini et suivi parmi les chrétiens, n'oublions pas que, même si le concile de Nicée en avait précisé les grandes lignes, tout n'était pas défini et de plus, surtout même, tous n'étaient pas en accord avec lui. Les efforts de l'empereur se portèrent d'abord pour que les chrétiens fussent homogènes entre eux et ensuite, mais plus tard, il commença d'interdire le culte païen public et de faire fermer les temples, sans pour autant imposer la religion chrétienne. Mais là encore il faut se reporter à l'époque, et ne pas croire qu'il suffisait qu'un empereur décidât quelque chose pour que l'empire se mît au diapason instantanément...
Ouvrage intéressant même si, j'en suis sûr, Théodose le Grand eût mérité mieux.