Prétendre poser les fondements de l'histoire de l'art en 250 pages (écrit très gros) apparaît d'emblée comme une gageure. Impression confirmée par le contenu de l'ouvrage qui, derrière son titre prétentieux, s'apparente à un regroupement d'opinions (très) subjectives de la part d'un historien enfermé dans une conception passéiste de l'art et de l'histoire de l'art. Pour être honnête, j'aurais pardonné beaucoup des errements "théoriques" de ce livre s'il était sorti en 1900, quoiqu'il aurait fait pâle figure face à un Wölfflin... Les autres travaux de Thuillier sont probablement d'un sérieux irréprochable, mais pourquoi se fourvoyer dans un texte dont les ambitions théoriques se résument à défendre le rôle conservateur de l'histoire de l'art (la connaissance permettrait de sauver de la perte les "trésors du patrimoine") et dans une définition de l'art hyper exclusive. Le ton se veut polémique, et la lecture s'avère divertissante au moins pour l'acharnement conservateur avec lequel Thuiller exclue du Grand Art toute production postérieure à 1950, l'art africain ou l'art des aliénés. Bien triste résultat d'une histoire de l'art franco-française bornée à une rôle muséal et patrimonial.