« On n'a jamais trop confiance dans le Bon Dieu si puissant et si miséricordieux, on obtient de Lui autant que l'on en espère » nous dit Sainte Thérèse.
Ce film est tourné uniquement en lieu clos, de manière très théâtrale, avec beaucoup de plans fixes, ou de plans où la caméra balaie seulement quelques petits mètres, pour rester dans un même espace. Beaucoup de gros plans, de plans très rapprochés, courts, sur un mode photographique, parfois par flash comme dans un diaporama, avec des éclairages qui rappellent les prises de vues en studio de la fin du XIXe siècle.
Ces images fixes retracent bien le silence et la rigueur du carmel, de manière théâtrale. Mais étrangement, les successions de scènes arrivent à transmettre les émotions intenses des personnages, sans s'y attarder, seulement pour montrer qu'elles existent. Spirituellement parlant, l'histoire pointe bien, les relations des uns et des autres : Père-fille(s), Thérèse-famille, membres d'une même famille entre eux, Religieuses-foi-engagement, Thérèse-Jésus, autoflagellation de certaines carmélites de cette fin du XIXeS, leur sincérité...
C'est un film peu ordinaire par le choix de la mise en scène. Il se prend calmement et se laisse regarder durant les quatre vingt dix minutes qu'il dure sans lassitudes, ni ennuis. Les couleurs sont chaudes. Il n'est pas à conseiller à des personnes trop éloignées de la foi, sous informés de ce que peut être un engagement spirituel et ne sachant distinguer la différence entre le comportement des carmélites de cette époque et la conscience actuelle. Un engagement religieux, peut prendre des formes totalement différentes de celle décrite ici.
La très belle histoire de Sainte-Thérèse nous montre que la foi élevée de cette sainte était au-dessus des conceptions de l'époque. Sa relation à Jésus, aux membres de sa famille, aux autres religieuses, étant ce qu'il faut apprécier : "Cécile, prête-moi ta douce mélodie. Je voudrais convertir à Jésus tant de c½urs ! Je voudrais comme toi sacrifier ma vie. Je voudrais lui donner et mon sang et mes pleurs."
Si Thèrèse est née le 2 janvier 1873, le film nous retrace ses dix dernières années, dès lors où elle décide de rentrer au carmel. Elle a 15 ans quand elle y entre, après le refus des autorités ecclésiastiques à cause de son jeune âge. Elle se déplacera j'usqu'à Rome pour voir le Pape Léon XIII. Elle mourra de la tuberculose le 30 septembre 1897 au carmel. Ses écrits autobiographiques qui sont à la base de ce film d'Art, ont depuis été édités. Il a été décerné au film d'Alain Cavalier 6 Césars, dont celui du Meilleur film de l'année et celui du Meilleur espoir féminin à Catherine Mouchet qui joue le rôle de la Sainte.