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5.0 étoiles sur 5
les amants terribles,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Therese raquin (Broché)
On a peine à le croire aujourd'hui, mais ce chef-d'oeuvre, à sa parution, en 1867, fut éreinté sans pitié. On l'accusait d'être nauséabond, voire pornographique. Quant à son auteur, un jeune homme de 27 ans nommé Emile Zola, bien peu lui prédisaient alors un grand avenir en Littérature! On connaît pourtant la suite... Faut-il, tout de même, que la critique soit parfois bien aveugle... Il est vrai qu'à la même époque, en peinture, les impressionnistes subissaient les quolibets des bourgeois... Là aussi, on connaît la suite! Heureusement, Madame la Postérité, elle, se trompe rarement et sait honorer de sa gloire les talents authentiques et les génies véritables... Ainsi, ce cher Emile occupe aujourd'hui la place qu'il mérite dans notre paysage littéraire, l'une des premières, et "Thérèse Raquin" a le statut qui lui revient, celui d'un classique...Je me rappelle encore avoir découvert ce livre au collège, en troisième, un jour d'hiver, quand ma prof de français nous en fit étudier quelques morceaux choisis... Dieu sait si à l'époque je n'étais pas "branchée" naturalisme! Zola rimait, dans mon esprit, avec "gros pavé ennuyeux" et je me demandais bien pourquoi l'on faisait si grand cas de ses Rougon-Macquart... Cette prose compacte, ces histoires tristes à pleurer, cette complaisance dans la grisaille, non vraiment tout ça ne faisait pas rêver mon âme de jeune adolescente... Eh bien j'avais tort, mes amis, et c'est ce jour-là, dans la petite classe surchauffée d'un collège de province, que je pris conscience de mon erreur... Ce fut comme si mes yeux s'ouvraient brusquement pour contempler le génie zolien dans toute sa splendeur! Il y a comme ça, dans toute vie de lecteur ou de lectrice, des déclics un peu inexplicables... Tel auteur, auquel on se croyait à jamais insensible, tout à coup se met à vous "parler"... Tel poète, que l'on trouvait hermétique, cesse un beau jour de l'être... Allez comprendre... Moi, c'est avec "Thérèse Raquin" que le déclic se produisit... Fut-ce le fond de l'histoire qui me frappa ou la puissance de ce style charriant tel un fleuve tempétueux mille images plus saisissantes les unes que les autres? Les deux, sans doute! En tout cas, je compris brusquement que Zola n'avait rien d'ennuyeux, bien au contraire... Allons, pourquoi ne pas le dire? Comme Crime et Châtiment, paru un an plus tôt en Russie, ce livre est un formidable polar! Certes il démarre lentement, certes il chemine sans se presser, mais une fois ses protagonistes lancés sur la route de leur destin, quelle merveille de suspense, d'atmosphère et d'analyse psychologique! Tout en racontant une histoire captivante, Zola nous dissèque ici deux tempéraments, celui, fragile, de Thérèse, jeune épouse insatisfaite, et celui, sanguin, de Laurent, son amant. Deux êtres séparément anodins mais dont le rapprochement va susciter le drame, tels deux éléments chimiques séparément inoffensifs mais qui s'enflamment au contact l'un de l'autre. Produits de leur environnement, victimes de leur hérédité, Thérèse et Laurent sont les jouets d'une fatalité qui les entraîne malgré eux vers le gouffre, une fatalité où se lit déjà la grande théorie déterministe qui servira de nef à la cathédrale des Rougon-Macquart. Autant dire que ce livre mérite d'être lu à plus d'un titre! Tout en marquant la véritable naissance d'un écrivain à l'orée d'une oeuvre exceptionnelle, il précisa et imposa l'esthétique naturaliste dont les frères Goncourt avaient jeté les bases trois ans plus tôt dans Germinie Lacerteux, ouvrant ainsi l'une des grandes pages de notre Littérature... Mais le naturalisme, me direz-vous, est passé de mode! Pourquoi lire "Thérèse Raquin" aujourd'hui? Eh bien, je vous répondrai simplement que le talent, lui, ne se démode jamais et que, naturaliste ou pas, ce roman en est bourré! Ajoutons en guise de codicille que Marcel Carné tira de cet ouvrage, en 1953, un film superbe avec dans le rôle-titre une Simone Signoret éblouissante. Inutile de dire que ce film offre à la lecture du chef-d'oeuvre de Zola un merveilleux complément! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Une réussite!,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Thérèse Raquin (Poche)
Ce roman est vraiment très très bon. C'est le premier roman de Zola et l'on sent déjà quel écrivain il va devenir à travers l'histoire de Laurent et de Thérèse. La base de l'intrigue est simple, mais les complications qui surviennent en deuxième partie font rebontir le roman avec finesse et cruauté. Ajoutée à cela une fine analyse psychologique des personnages et un style bien trempé, et vous obtiendrez un roman hors du commun; qui avait été qualifié d'abjecte par les critiques lors de sa sortie! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
10 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Excellent,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Thérèse Raquin (Poche)
Je n'avais plus relu de Zola depuis 15 ans ! Et après le Bonheur des Dames, j'appréhendais un peu !
Mais quel plaisir ! la lecture est fluide, on est passionné par cette montée en puissance des sentiments ! par leur violence, leur force ! L'on reste sans voix et rêveur après avoir refermé ce livre. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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