Cet album reste dans la continuité des albums précédents : du heavy black à la production ultra léchée -signée Satyr-, comme tous les albums qui sortent actuellement, pour ne pas faire tache dans le tableau.
Seulement, on perd du coup un peu du côté atmosphérique qui a séduit tant de fans de la première heure, sauvé parfois par des claviers qui apparaissent peu ici.
Il reste que c'est du Satyricon, ceux qui aimaient aimeront, ceux qui détestaient détesteront.
8 titres pour 42 minutes et des bananes de son épuré, de mesures à la structure frisant parfois l'anarchie que l'on connaît déjà au groupe, de très bonnes compos de Satyr ; ça ne file pas à un rythme effréné, mais ça met toujours mal à l'aise les néophytes, mission accomplie.
Les thématiques sont très martiales -"Commando", "Die by my Hand", "Last man standing". Le graphisme de la pochette est superbe.
J'ai un faible pour "Die by my hand", durée 7 minutes, très typique de Satyricon, surtout depuis l'époque de "Rebel...", plusieurs thèmes de guitare, des passages accélérés, une fin en arpège teinté de mélancolie.
Pour ceux qui ne connaissent pas déjà le nouveau Satyricon, "The Age of Nero" peut faire office d'entrée en matière : du black metal "faussement-pas-technique", c'est-à-dire des riffs de guitare assez simples, sans prouesse inutile, mais des trouvailles intéressantes, qui rendent chaque écoute enrichissante ; on se perd parfois à compter le nombre de temps que comportent certaines mesures. Une voix nordique glacée, lancinante ; un batteur au traitement anti-épileptique bien équilibré, mais qui n'en marque pas moins admirablement bien le pas.
Un duo construit pour durer... mais j'attends quand même la prochaine étape dans leur évolution.