Certes, The Last Shabow Puppets n'est qu'un « projet parallèle » porté par deux têtes à claques de la jeune scène rock indépendante anglaise (si tenté qu'un courant ou qu'une scène musicale puisse encore être indépendante de nos jours... vaste débat !). Certes, certes... mais force est de constater que ce The Age Of The Understatement est un (très) grand disque de pop musique. Pas particulièrement fan des Arctic Monkeys (dont je reconnais tout de même l'influence positive sur le rock anglais de ces derniers années) et ignorant tout de l'existence même de The Rascals, j'ai succombé au charme fou de cet album classieux et raffiné à souhait, jusque dans le design : cette photo sur la jaquette... magnifique et troublante ! Les influences mobilisées par les deux lascars sont multiples, assumées et d'un goût très sûr. On parle ici et là de The Coral ou Scott Walker mais il y a aussi du Bowie, et même du Gainsbourg, c'est dire si les deux gars sont fréquentables ! Et il y a cette idée lumineuse de convoquer le London Metropolitan Orchestra pour jouer des partitions merveilleusement arrangées, venant s'insérer idéalement dans ce petit chef d'aeuvre de pop théâtrale et rappelant parfois les meilleures BO de 007, le célèbre espion anglais (The Last Shadow Puppets au générique du prochain James Bond ? Why not, Sir !).
Au final, prédomine le sentiment que souffle un vent de liberté sur cet album, le vent du renouveau, de l'inspiration et... de l'indépendance musicale... (bigre, il semblerait donc bien que cela puisse encore exister !). Le meilleur de l'Angleterre est ici réuni, sacré tour de force réussi par Turner et Kane, auteurs d'un des meilleurs albums de l'année 2008 à écouter en boucle et à recommander chaleureusement à vos amis, les plus raffinés biensûr.