Patrick Stickles n'a pas perdu son temps en composant la majeure partie des titres de
The Airing of Grievances. Sans abuser de termes galvaudés, il est facile de reconnaitre que le premier album de Titus Andronicus est un petit bijou.
Le groupe arrive à la fois à mettre en avant des références évidentes, punk rock et folk, à recréer le son de The Pogues, The Waterboys ou The Buzzcocks, tout en arrivant à être profondément original. La voix de Patrick Stickles sait dégueuler comme Shane McGovan, éructer comme Johnny Rotten et avoir l'intensité et le lyrisme de Bright Eyes.
Dès
« Fear and Loathing In Mahwah, NJ » le ton est donné, démarrage en douceur de fausse ballade folk, et lorsque les guitares embrayent c'est le CBGB's 76 qui surgit, avec Richard Hell & the Voidoids sur scène. Le plus curieux avec
The Air of Grievances, c'est qu'àprès plusieurs brûlots de 2 à 3 minutes de durée, le groupe s'embarque dans de longues suites.
« No Future, Pt. 1 » et ses 7 minustes et 41 secondes n'est pas loin du chef d'oeuvre,
« No Future, Pt. 2: The Days After No Future » sa suite est légèrement plus courte et un peu moins intense. Leur hommage à
« Albert Camus » renvoie, dans l'esprit, pas dans la musique; à The Cure de
« Killing an Arab ». La particularité supplémentaire de Titus Andronicus, c'est d'être bourré de références culturelles plutôt européennes, de William Shakespeare à Brueghel, et Albert Camus donc. Il est fortement possible que Titus Andronicus devienne culte en Europe et en France, leur profil et leur talent se prête bien à une reconnaissance exclusive et jalouse.
François Alvarez - Copyright 2012 Music Story