Chuck Berry n'a rien inventé. En tout cas pas le rock'n'roll. Mais il fait partie de la Sainte Trinité à qui tout amateur de rythme binaire doit tout. Elvis pour l'image, Little Richard pour la voix, et lui pour la guitare (électrique).
Plus que tout autre, la guitare rock lui doit beaucoup. Tous ces plans, ces riffs, cette attitude Gibson en bandoulière, ces intros de morceaux, cette façon d'amener et d'exécuter un solo. Chuck Berry en est le maître incontestable.
Et en plus, comme peu de ses collègues de promotion, Chuck Berry écrivait l'essentiel des titres qu'il interprétait. Et quels titres ! De « Maybelline » au tardif hit 70's « My Ding-a-ling », tous sont de la revue au long de ces deux Cds : « Roll over Beethoven », « Too much monkey business », « Rock and roll music », « Carol », « Little Queenie », et bien évidemment l'insurpassable « Johnny B. Goode », qui doit être le morceau le plus repris de l'Histoire du rock.
La plupart de ces classiques furent écrits entre 1955 et 1959. Même si d'autres au début des 60's valent le détour (« You never can tell » et son « clip » de Tarantino avec John Travolta et Uma Thurman dans « Pulp Fiction »).
Et quand on sait que le plus grand admirateur-disciple de Chuck Berry est Keith Richards, référence ultime pour tout riffeur digne de ce nom, on comprend pourquoi cette compilation du vieux grigou amateur de (trop) jeunes filles est absolument indispensable.
P.S. Précisons pour les puristes que les morceaux sont remastérisés, ce qui risque d'en agacer (ou d'en réjouir) quelques uns.