Critique
Souvent qualifié de trop expérimental et compliqué, le groupe portugais livre avec ce
The Antidote un album plus compact, moins complexe que ses prédécesseurs,
The Butterfly Effect en tête... Septième opus de Moonspell,
The Antidote est produit par le très en vogue Hiili Hiilesman, qui a su redonner à la voix du leader Fernando Ribeiro sa profondeur et son charisme, qui avaient fait quelque peu défaut sur le disque précédent. Le groupe laisse un peu de côté ses appétences goth metal pour revenir à un son plus intimiste, où les hurlements du chanteur alternent avec des parties plus susurrées et inquiétantes.
Moonspell a beau être un groupe de metal qualifié de puriste, les mélodies ne sont pas en reste, notamment sur le single
« Everything Invaded » et sur
« The Southern Deathstyle », véritables points d'orgues du disque. Avec cette production ample et dense, ces arrangements entre black metal et rock indus mélancolique,
The Antidote s'avère être l'un des disques les plus faciles d'accès de Moonspell, ce qui ici n'est en rien péjoratif.
Et comme le groupe portugais ne fait jamais rien comme tout le monde, il s'est associé au célèbre écrivain José Luís Peixoto pour faire de ce disque un album conceptuel. Cet effort de Moonspell est en effet éponyme du livre de l'auteur portugais, qui vient trouver toute sa cohérence en faisant office de porte d'entrée musicale et littéraire au monde étrange de Moonspell... En définitive, l'album peut être considéré comme la bande originale du livre, et le livre comme la mise en mots de l'univers torturé du groupe.
Arnaud De Vaubicourt - Copyright 2012 Music Story