Pris malgré eux dans la vague des gamins rockers hexagonaux qui ont, de référence sixties pondérées à une caricaturale empreinte mod, enflammé, de Naast à BB Brunes, les milieux bien informés – c’est-à-dire la presse parisienne – les Perpignanais des HushPuppies, désormais installés à Paris, reviennent de loin : orphelins de label, ils n’ont pu en quatre années de silence discographique forger leur remise en question et leur évolution que sur toutes les scènes de France qui ont bien voulu les accueillir. Et ont néanmoins intégré un nouveau bassiste, en la personne de Marc Zory-Casali.
Versant auditeur, cela valait le coup d’attendre : ce troisième album évacue in petto les procès en décalque qu’on aurait pu intenter aux cinq musiciens, et permet de saluer un sens de composition, une identité pour tout dire, sans égale par chez nous. Le microcosme rock hexagonal n’ignore désormais rien d’un intitulé de troisième album emprunté aux travaux du philosophe Lawrence Lawford, portant sur la dualité comportementale menant chaque être humain, et, surtout, son incapacité rédhibitoire à se nourrir de ses erreurs. Une question existentielle illustrée sur livret par une œuvre de l’illustrateur Julien Pacaud, autodidacte et praticien émérite du photo-montage, et qui nous vaut d’assez acérées réflexions sur les conventions sociales (« Low Compromise Democracy »).
D’un point de vue passablement plus pop, les claviers turgescents, les mélodies oniriques et les guitares innervées font définitivement éclater les carcans du revival pour laisser sourdre le suc d’un authentique combo de power-pop (« Zero One » et ses harmonies orgiaques), intelligemment nourri d’influences new-wave (« Frozen Battle »), voire, plus étonnamment, krautrock, ou lorgnant vers quelques incunables de Depeche Mode. Plus audacieux encore, la soie d’une ballade comme « Every Night I Fight Some Giant » ne sera pas sans évoquer la distinction d’un certain rock versaillais, époque Moon Safari.
Le leader d’Axel and the Farmers, multi-instrumentiste et mannequin normand Axel Concato s’est vu confier la tache délicate de mettre en perspective, dans la trouble suffocation d’un été parisien, l’énergie débridée, le goût pour l’expérimentation, l’inspiration protéiforme, et le souci du groupe de désormais passer ses chansons à toutes les couleurs du monde. Il y est parvenu. Du culot, une écriture hautement descriptive (« Okinawa Living Wage »), et des musiques pour partys décalées consacrent les Hushpuppies comme de nouvelles références du rock hexagonal.
En onze pièces et en anglais dans le texte, les Hushpuppies revendiquent, avec la candeur de leur âge, une place dans la longue chaîne d’union qui réunit Small Faces, The Who et The Kinks. L’iridescence de The Bipolar Drift ne peut que nous incliner à bien volontiers leur accorder.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story
Biberonnés aux Kinks, Who et autres Small Faces, les HushPuppies n'en ont pas pour autant oublié de grandir et reviennent en force le 21 mars avec leur 3ème opus « The Bipolar Drift ». Auréolés du succès de leurs deux premiers albums « The Trap » et « Silence is Golden » (plus de 35,000 ex vendus et 400 dates à travers l'Europe) les cinq garçons s'enferment tout l'été 2010 dans le mythique studio Plus 30 pour réaliser ce troisième disque avec la complicité du producteur Axel Concato (Axel And The Farmers). Avec le renfort de cette oreille avertie, ils expérimentent de nouvelles choses et intègrent à leurs puissants tapis de guitares des sonorités aux accents krautrock, pop et electro en adéquation avec l'évolution de leurs gouts musicaux. Ce travail permet au groupe de s'ouvrir de nouveaux horizons musicaux où l'alchimie entre les influences du début, leur son façonné sur scène et les découvertes musicales plus récentes fonctionne à merveille.