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Ce nouvel album de Jay-Z tombe dans nos bacs sans trop de surprise, pour démontrer une fois de plus la virtuosité du rappeur, la pertinence du producteur et la puissance du lyriciste qu'est Shawn Carter.
Réitérant sa recette de la tendance Hard Life du rap de l'Est américain, avec un solide mixage de titres calibrés pour les radios comme le déjà classique "Girls, Girls, Girls", autant que de thèmes un rien hors normes, comme "Takeover", manifeste brutal au son sale et distendu (qui plus est, attaque directe à l'attention de Nas),
Blueprint s'inscrit dans la lignée des meilleures productions de l'artiste. On pense évidemment à
Reasonable Doubt, sorti en 1996 des couloirs de Priority Records, mais on repense aussi à quelques titres perdus sur certaines mixtapes new-yorkaises, et qui faisaient éclater au grand jour les capacités narratives du bonhomme, cette facilité hallucinante à narrer les phases de sa vie en un flow constant, tendu et toujours sous pression. Secondé dans cette tâche par les flows tout aussi haut de gamme de quelques lascars du coin (citons parmi eux Q-Tip (ATCQ), Eminem, Biz Markie et Slick Rick), le rappeur s'envole une fois de plus au-dessus de la mêlée pour donner à cet album des relents de classique.
Entre des beats sombres, lâchés comme un écho aux vibrations de la rue et des compositions autrement plus fines à grands renforts de cordes, le tout augmenté du flow percutant, incisif et puissant de Jay-Z,
Blueprint est un album à la production méticuleuse à classer parmi les perles du hip-hop East Coast de ces dernières années.
--Toma Blondeau
Critique
Afin d’éviter la diffusion importante de copies non officielles, la date de sortie de l’album fut avancée au 11 septembre 2001, mais même les attaques terroristes ne pourront éclipser ce joyau sonore. L’histoire raconte que l’album a été réalisé en deux semaines.
Les producteurs Just Blaze et Kanye West (qui « explosera » à la suite de ce travail) sortirent de leurs bacs les disques soul qui avaient été négligés ces dernières années dans le rap, à savoir Al Green, David Ruffin, Bobby « Blue » Bland, ou les Jackson 5, et changèrent de nouveau la tendance musicale du moment. Jay-Z était à l’époque attaqué de toutes parts, il répond aux principaux, Prodigy de Mobb Deep et Nas, dans
« Takeover », appuyé par un sample des Doors, laissant tous les autres avec une demi mesure. Seul invité, et de marque, Eminem, qui apporte le morceau le plus sombre de l’album
« Renegade ».
Jay-Z réussit l’impossible sur cet album, satisfaire à la fois les auditeurs les plus réfractaires à sa musique ainsi que le grand public, faisant de cet album l’un de ses plus réussis et le faisant entrer de manière indiscutable dans l’Histoire du Hip-Hop.
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