Il est sûr et certain que le fan des deux premiers albums de Machine Head va se retrouver quelque peu estomaqué à la première écoute du Burning Red. Ressituons un peu le contexte. Suite à des différents entre les deux caractères bien trempés que sont Robb Flynn et Logan Mader, ce dernier prend la porte et laisse le chanteur-guitariste seul maître de son groupe du point de vue de l'écriture et de la pré-production. C'est Ahrue Luster qui se voit confier le rôle de deuxième guitariste. Il disparaitra peu de temps après la tournée de promotion du Burning Red. On comprend donc vite que la santé artistique et la cohésion du groupe ne sont pas loin d'imploser.
C'est peut-être pour celà que Robb Flynn choisit de lancer un grand pavé dans la mare en montrant d'une manière très disctincte ses penchants pour le hip-hop américain et tout ce qui s'ensuit. De là, fini les looks et les tendances power ou hardcore métal, au profit de survêtements à paillettes, chant proche du hip-hop et autres digressions néo-métal. Ca y est, le mot est lâché!
Effectivement, The Burning Red est le premier album de Machine Head à rentrer plus dans la catégorie néo-métal. Supercharger s'y essaiera plus tard encore plus, engendrant de fait la claque commerciale de Machine Head sur cet album (250000 ventes seulement) puis son retour à du heavy plus serein.
Mais revenons au Burning Red. Si on l'écoute avec un recul certain, il est rempli de titres extrêmemnt accrocheurs, mais dont l'intensité aurait été beaucoup plus forte avec un autre mixage. Enter The Phoenix était l'intro des concerts de Machine Head dès 1994. Desire to Fire et Nothing Left nous plongent directement dans le son et l'ambiance néo-métal du Burning Red. Les choses un peu plus sérieuses commencent avec the Blood, the Sweat, the Tears, tiré d'une expression américaine signifiant les difficultés à accomplir une action. Faut-il y trouver un signe? From This Day ne laissera pas un souvenir impérissable, à la différence d'Exhale The Vile et son intro très réussie avec des percussions et surtout une ambiance très lourde, très brutale, du bon vieux Machine Head en somme. Cette même ambiance se retrouvera sur les deux très morceaux que sont I Defy et Five. Passons rapidement sur la reprise de Police qui est pathétique, mais qui est bien récupérée par Devil With The King's Card qui est une chanson en hommage aux relations houleuses entre Flynn et Mader... La chanson éponyme clot l'album d'une manière plutôt réussie.
Alors que penser? Qu'il faut tout d'abord laisser sa chance au Burning Red. La première moitié est un peu molle, mais la deuxième est excellente si l'on zappe Message in the Bottle. Comme sur les précédents albums, la rage de Machine Head y est présente, mais sous une forme déguisée. En tout cas, à l'écoute des paroles, on ressent facilement que cet album a dû être accouché dans la douleur...