J'ai laissé s'écouler plusieurs semaines depuis la sortie de THE BUTCHER AND THE BUTTERFLY avant de le chroniquer, et j'ai eu raison. En effet, la première écoute m'avait laissé devant ce constat : cet album n'a pas la furie de DRINK ME. Mais les écoutes suivantes m'ont amené ne pas déprécier cet album, bien au contraire, car si les hurlements de Katie Jane Garside sont moins présents, c'est qu'ils ont laissé la place à plus de fragilité.
C'est bien un album sur la fragilité qui nous est donné à entendre, et la métaphore du papillon est tout à fait appropriée. Un certain nombre de chansons relaient des paroles de victimes, des fragments d'émotions douloureuses (Suck, FM Doll, Childproof, The Butcher and the Butterfly...), avec une Katie Jane habitée par la grâce, sa voix enfantine suppliciée, que l'on s'attend à voir se briser d'un instant à l'autre, et qui tient, envers et contre tout. La détresse est palpable, c'est bouleversant. L'album offre même trois titres sans guitare électrique qui renforcent l'aspect délicat de la voix de KJ Garside.
Et face au papillon, il y a le boucher. La guitare de Crispin Gray est âpre, les partitions vont à l'essentiel, vous rentrent dans le lard, c'est du grand art.
QUEEN ADREENA a toujours fait un rock très viscéral, composé et interprété comme dans un état d'urgence. Cela se confirme avec ce troisième album du groupe, enregistré en deux jours.
Il serait dommage de passer à côté de THE BUTCHER AND THE BUTTERFLY, et plus généralement à côté d'un des plus grands groupes du monde (et oui, je l'ai dit).