Attention, prenez garde, OVNI musical droit devant vous ! Eh oui, derrière ce nom compliqué qu'est Diablo Swing Orchestra se cache un projet fort original et fort personnel. Alors il s'agit d'une formation suédoise qui signe ici sa toute première réalisation. Bon, la bio ne dit rien d'autre qui puisse nous intéresser, je vais donc passer au corps de la chronique.
Alors musicalement parlant ce disque s'adressera à vous si vous êtes ultra ouvert d'esprit. Vous préférez rester cantonné dans les styles qui vous conviennent bien et vous n'aimez guère les mélanges alors vous pouvez quitter cette chronique. En fait, DSO (oui, j'abrège le nom du groupe car je le trouve trop long à écrire et que ça sert à rien de faire des efforts inutiles') pioche énormément dans la musique jazz ou même dans le style de musique sud américaine qu'est le mariachi. Donc justement, dès que la lecture commencera, vous vous apercevrez que les premières notes sonnent essentiellement Jazz grâce à ce rythme typique de batterie et le son si caractéristique de la basse. Arrivent ensuite les saxophones et on a l'impression de se trouver au plein c½ur des Etats-Unis dans les années 50. Le chant de Ann-Louice Lögdlund ne me donnera d'ailleurs pas tort. Les grattes elles, seront là pour donner une dimension plus rock/metal. Le second morceau sera un peu dans la même veine, même si un peu moins enjoué tandis que « Poetic Pitbull Revelations » commencera d'une manière plus originale, nous faisant descendre de quelques milliers de kilomètres vers le sud des States. Effectivement, un groupe comme Mano Negra ne renierait pas l'intro par exemple. J'aimerais m'attarder quelques lignes sur la chanteuse que je trouve ahurissante depuis le début du skeud (et ce sera le cas jusqu'à la fin d'ailleurs). Elle a une capacité vocale hors du commun, apportant quelque chose d'énorme à l'ensemble. Son type de chant est parfois assez proche de Tarja Turunen (ex-Nightwish) mais en même temps très personnel et c'est bien ce qui fait le charme de DSO en plus de leurs influences de jazz et de Mariachi. Le reste du disque est du même acabit et ne déroge pas aux règles que les suédois se sont imposés. On sent qu'il y a une grosse inspiration mais est-ce que l'ensemble demeure accrocheur ? Pour moi oui, j'ai beaucoup aimé, mais je doute que cette réalisation réunisse un nombre important de metalheadz. Certains groupes ne savent pas évoluer, et présenter quelque chose d'original, se cantonnant ad vitam aeternam à leur style qu'ils pratiquent depuis un bon nombre d'années (ce qui n'est parfois pas nul non plus, cf Iron Maiden), d'autres essayent de le faire et se foirent (cf Metallica) mais d'autres le sont beaucoup trop et c'est peut-être le seul reproche que je ferais à DSO. Mais comme j'ai dit en début de chronique, si vous êtes quelqu'un d'ouvert et que vous appréciez ce qui sort des sentiers battus vous serez ravis. Ceci dit, DSO garde immanquablement un aspect agressif, le début de la huitième piste, par exemple, en est la parfaite illustration.
Personnellement, je trouve que tout ça demeure très accrocheur et on passe 50 minutes parfois très éloigné des sphères metalliques, le tout accompagné d'une très bonne production. On ne peut ni classer ceci en jazz moderne, ni en metal original, ni en mariachi, car il s'agit d'un ensemble parfaitement homogène et bien construit et il est là le point fort de DSO, c'est-à-dire d'avoir réussi à rendre possible la fusion de 3 styles non pas opposés (le jazz étant quand même l'ancêtre du rock) mais plutôt différents. Je ne saurais donc que conseiller ce disque aux curieux, d'ailleurs rien que pour la prestation de cette diva il le mérite. Pour ma part, je retourne l'écouter.