Depuis les années 80, Bon Jovi, emmené par ses deux leaders Jon Bon Jovi et le guitariste Richie Sambora, cumule les succès avec son rock taillé pour la route et la radio. Hard rock FM, hard pop, mainstream rock : les qualificatifs ne manquent pas pour décrire la musique de ce groupe américain originaire du même coin (le New Jersey) que Bruce Springsteen, avec qui il partage, sinon le talent, au moins le gout du « strorytelling » dans ses chansons écrites pour l’ « homme de la rue ».
Avec
The Circle, onzième album de la formation, Bon Jovi revient à un rock plus costaud que la pop (voire country rock) qui avait envahit le précédent opus,
Lost Highway, en 2007. Produit par John Shanks qui avait déjà travaillé avec le groupe sur
Have a Nice Day (2005),
The Circle est un disque de rock à la formule simple et (parfois, mais trop rarement) efficace. On pourrait résumer la manœuvre à un enchainement de couplets-refrains attendus, et pas toujours déplaisants. En attestent
« Love’s The Only Rule », qui propose une mélodie multi couches plutôt inspirée, avec son clavier entêtant et ses riffs de guitares d’une vélocité à toute épreuve, ou encore le surprenant
« When We Were Beautiful », bercé par une ambiance fantomatique séduisante.
Ceci étant, il faudra en rester là. Bon Jovi n’échappe pas à ses travers : le premier single
« We Weren’t Born to Follow » à la mélodie mille fois entendue, l’outrancier
« Bullet », titre héroïque gonflé à la testostérone, ou le putassier
« Work For The Working Man » ne sont jamais bien loin d’un rock gras, voire grossier. Inégal,
The Circle s’apparente au problème de la quadrature du cercle, proposant, vainement, ses solutions de réhabilitation d’un rock boursouflé par les années.
Arnaud De Vaubicourt - Copyright 2012 Music Story