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À la mi-2002, The Coral est le groupe dont on parle en Angleterre. Originaire des environs de Liverpool, il est porté à bout de bras, comme souvent pour les jeunes formations britanniques en devenir, par l'hebdomadaire
New Musical Express, qui ne tarit pas de superlatifs à son endroit. Le sextette des frères Skelly, emmené par James au chant et à la guitare, a commencé par se faire remarquer avec des reprises d'Oasis, avant d'inventer sa musique, pour le moins iconoclaste. La recette est tellement singulière que l'on a du mal à la définir clairement. On passe d'un style à l'autre, sans anicroche : du folk au ska, voire au punk, et à la pop – bien évidemment –, dans de joyeux coq à l'âne, avec l'ouverture psychédélique comme ligne de conduite. The Coral aime The Beta Band et Super Furry Animals, deux groupes avec lesquels on lui trouvera des affinités, et célèbre le retour d'un rock que l'on croyait enterré depuis les années 80. Celui des Stone Roses et des Smiths avec qui The Coral peut se frotter grâce aux prouesses vocales de son leader. Cerise sur le gâteau : l'ensemble est produit par Ian Broudie des Lightning Seeds.
--Hervé Comte
Critique
En 2002, c'est-à-dire il y a une éternité, l'Angleterre se désespérait presque de ne pas compter un vrai groupe majeur dans le jeune paysage rock et c'est The Coral, de Liverpool (qui n'est quand même pas La Motte-Beuvron), qui comblera ce manque grâce à ce très bon coup d'essai, au style simple et direct (32 minutes de durée) et encore tout à fait recommandable aujourd'hui.
Les titres-moteurs des premiers EP's du groupe sont évidemment repris, ainsi
« Skeleton Key » (avec ses emprunts rigolos aux musiques russe et arabe) et
« Shadows Fall » : de la sorte, ces chansons ne se perdirent pas dans le dangereux statut de raretés ou de titres-culte.
Dans
« I Remember When », des accords mystérieux sortis d'un orgue Farfisa antédiluvien ondulent, tandis qu'un harmonica égrène ses notes mélancoliques sur des rythmes ska et que plusieurs jeunes voix mâles harmonisent avec justesse : cette recette marche encore mieux sur
« Dreaming Of You », qui a toute l'évidence d'un tube instantané, ce qu'il sera.
La brit-pop peut alors prendre un peu de repos, The Coral se chargeant de la redéfinir de son côté, avec des éléments inspirés du bon vieux psychédélisme, aussi bien anglais qu'américain. Accessoirement, il abat allègrement le marronnier des albums de rock que représente le titre caché dans la dernière plage du CD, ici
« Calendars And Clocks », avec une chanson « secrète » meilleure que celle qui la précède : la classe.
On se dit que c'est comme si le marmot James Skelly – qui chante plus comme un américain que comme un Britannique - avait inventé une machine à remonter le temps et s'était téléporté au studio d'Abbey Road au moment précis où The Beatles y enregistraient
Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band et Pink Floyd
The Piper At The Gates Of Dawn pour leur piquer certains de leurs meilleurs plans et les faire jouer par The Specials.
Certes, comme tous les chipeurs, il n'a pas pu reproduire exactement ce qu'il a entendu, mais il a fait quelque chose de différent, donc, original, et c'est pour cela que la formule a été efficace et couronnée de succès.
Au même titre que le premier Libertines,
The Coral représente donc un album très important pour le nouveau rock anglais, le groupe étant sans doute aux années 2000 ce que les La's furent aux années 90 : un pionnier pop de grande classe.
Frédéric Régent - Copyright 2012 Music Story