Très troublant ce nouvel album de Midlake.
D'abord parce qu'il est splendide. Oui, il faut le dire, les voix qui s'emmêlent, nous entrainent dans un univers vaporeux, avec l'accompagnement de guitares qui sonnent bougrement bien, à la fois très énervées et tout en retenue. Les chansons sont très belles, mais...
Mais elles sont surtout très identiques. Tim Smith et sa bande ont créé un album, pas une suite de chansons, mais un vrai, pur et dur album, avec une atmosphère globale. Seul problème, au bout d'un certain temps, on aimerait avoir des petites variations dans la façon de construire les chansons.
Et ce d'autant plus que le groupe est responsable de
The Trials Of Van Occupanther, l'un des meilleurs disques de la décennie passée, où la pop bien foutue l'emportait à tous les coups, avec de sacrée variations rythmiques d'une chanson à l'autre (je me souviens encore avec émotion des frissons qui m'ont parcouru la première fois où j'ai entendu Roscoe), à la fois dans les instruments et dans la voix. Car dans ce Courage of others, la voix est toujours posée de la même façon sur les chansons.
Voilà, c'est de ça que souffre Midlake: la comparaison avec son précédent album. Car si on écoute attentivement l'album, on se rend compte qu'il est d'une beauté époustouflante, et si la première écoute déroute un peu, après plusieurs écoutes, on ne peut plus s'en passer, et il suffit d'en entendre 2 notes pour vouloir tout réécouter, comme si, au lieu de 11 chansons distinctes, il ne s'agissait en fait que d'une longue plage de 46 minutes.
La langueur insufflée par la voix de Tim Smith, et les rythmiques lentes des batteries, suivies par des guitares sublimes et toutes en lenteur, cet ensemble crée une atmosphère jusqu'ici inconnue en pop, comme une sorte de drone-pop, une pop un peu médiévale.
Sublime? Oui. Un peu dommage que ça soit aussi répétitif? Peut-être. La vraie question est de savoir si vous avez envie de vous laisser aller.