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Il s'intéresse ici, à partir du terme « marque culte », au parallèle entre la marque et le culte, notamment à travers l'observation de sectes (Hare Krishna, Moon) et de religions (Christianisme, Mormon).
Ce travail lui permet de dégager quelques traits communs, notamment en ce qui concerne le mode d'adhésion, le rôle des symboles, la nécessité ou non de l'incarnation de la marque ou du culte par un gourou,...
Le livre comporte d'une part des études de cas très détaillées ; parmi celles-ci, on retiendra particulièrement le cas de Saturn qui montre comment l'envie de créer une marque culte peut naître au sein de grands groupes comme General Motors.
D'autre part, Douglas Atkin tente de décoder le fonctionnement de certaines approches religieuses ; ainsi, il constate que la religion Mormon présente une courbe de progression et une tactique de déploiement comparables à celles du Christianisme en son temps.
Enfin, l'ouvrage contient des interviews de « déprogrammateurs de sectes », métier qui existe réellement aux Etats-Unis (ces « professionnels » vont récupérer des gens embrigadés dans des sectes pour les en sortir).
Toutes ces observations conduisent l'auteur à synthétiser certaines règles : en premier lieu, il faut déterminer le potentiel du discours et ses éléments de différenciation ; ensuite, il s'agit de mettre en scène ces différences en s'appuyant sur une doctrine et un langage ; il convient en troisième lieu de se démarquer du monde extérieur en diabolisant l'autre.
Pour conclure, c'est un livre intéressant pour ses nombreux exemples et ses études, réalisées avec un regard de marketeur permettant de comprendre comment se crée un attachement irrationnel et inconditionnel à une marque.
On observe que certaines marques sont adulées, adorées, de manière irrationnelle par leurs clients, au même titre que l'ont été des religions.
On peut alors se poser la question de savoir pourquoi le vide spirituel laissé par la religion est récupéré par des marques... Et où sont les limites de ces nouveaux marketings, les frontières éthiques à ne pas franchir ? Autant de questions légitimes à la lecture de cet ouvrage, mais auxquelles il ne répond pas.
Stéphane Ely, fondateur du Collectif Univers de Marques