A mon sens, c’est certainement le film le plus ambitieux qui ait été fait sur la guerre du Viet-Nam. Ici, peu voire aucune scène de bataille. Non, Cimino a préféré se focaliser sur l’analyse psychologique des personnages. Alors que les films traitent habituellement de la guerre sans se soucier de l’après. Dans Voyage au bout de l’enfer, à travers un groupe d’amis composé de De Niro, Walken, etc. il est question de l’avant, pendant et après (l’insousiance, l’horreur, la désillusion) où l’on peut constater toutes les évolutions et conséquences tant au niveau phyique que moral qu’a pû avoir cette guerre sur ceux qui y ont pris part.
C’est finalement une véritable fresque dans laquelle certains y verront quelques longueurs, faute d’y trouver des combats sanglants, mais le film n’en est que plus réaliste.
Surtout, ce film est l’occasion pour De Niro et Walken de laisser libre cours à leur talent.
Les scènes de roulette russe sont d’anthologie (le jeu des acteurs y est fascinant), et on pourra constater que De Niro appliquait à la lettre les régles de l’actor studio : il ne joue pas les scènes, il les vit. On ne peut rester insensible à tant de réalisme. On ne sort pas indemne de ce film…