Certains films ne se gênent pas d'afficher clairement leur opportunisme. The Descent : Part 2 fait parti des (mal)heureux élus. Prenant le concept du premier opus à rebrousse-poil (le long-métrage de Jon Harris fait le choix d'embrayer sur la fin du montage américain, celui qui dénaturait complètement l'esprit de la production de Neil Marshall), ce succédané fait vraiment de la peine à voir, tout ayant été mis en œuvre pour surfer sur la réussite du grand frère. La prise de risque frôle donc le zéro. Tout comme notre plaisir, tributaire de la (maigrelette) dextérité d'un cinéaste qui se satisfait de personnages et de rebondissements purement fonctionnels. Aussi lisse et prévisible que son prédécesseur était tribal, le pâle ersatz nous emmène vite dans une impasse, celle dans laquelle s'engouffre la majorité des suites de grands succès. Probablement conscient du cadeau empoisonné qu'on lui a confié, Jon Harris fait de son mieux pour tenir nos sens en éveil, et, s'il y arrive parfois, c'est uniquement grâce à une surenchère dans le gore et les "surprises" - dont une qui nous ferait presque crever de rire si l'on avait la tête à ça. Visionner The Descent 2 est donc une gageure d'autant plus délicate à surmonter que le film passe les trois quarts du temps à tourner en rond, un postulat logique pour les personnages, un peu moins pour le spectateur, forcément à la recherche d'un éclaireur. Ainsi, entre deux massacres contractuels cradingues, il va falloir se farcir quelques nunucheries du meilleur effet (la femme flic, protagoniste dont l'insipidité traduit à merveille le cahier des charges lacrymal de la production), deux ou trois prises de bec lourdement insistantes, un wagon de jump scares bien pratiques lorsque la tension s'est évanouie (soit la majeure partie de la projection), et bien entendu, les traditionnels passages claustros qui nous avaient tant secoués dans l'épisode antérieur. Rendre Sarah (Shauna Macdonald, ni convaincu ni convaincante, comme on la comprend) amnésique et l'absoudre de ses pêchés n'était donc pas une idée valable, pas plus que le bis repetita de l'épilogue, laborieux au point de nous faire regretter tout ce qui a précédé, notamment la baignade dans les déjections des crawlers, point d'orgue d'une œuvrette très proprette sur elle malgré le déluge de gore. La copie sent le travail expédié à toute biture. Il est donc grand temps de reboucher la grotte avant qu'un autre marchand de soupe n'y mette le nez dedans.
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