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4.0 étoiles sur 5
une bonne bd, 7 novembre 2011
Une bonne histoire, le héros se retrouve confronté à son passé lorsqu'il doit s'occuper des dernières volontés d'une de ses ex et doit revenir dans sa ville natale. Une bd en petit format, dessin en noir et blanc, presque 200 pages de papier de qualité "recyclé".
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4.0 étoiles sur 5
Efficace et sans esbroufe, 17 juin 2010
Joe Ullen était un grand joueur de hockey sur glace avant qu'un accident ne vienne irrémédiablement abimer son genou. Il fut un exemple de réussite pour tous les habitants de la bourgade de l'état de New York dont il est originaire. Une de ses anciennes amies vient de décéder dans des circonstances un peu bizarres et elle l'a désigné comme son exécuteur testamentaire. Joe Ullen retourne dans cette petite ville. Il assiste à l'enterrement et fait le tour des popotes en ville et dans la réserve indienne. Il retrouve d'anciennes connaissances, il ravive d'anciennes inimitiés et il s'interroge sur des liens de cause à effet improbables.
Ce tome respecte les critères de la collection Vertigo Crime : petit format (la moitié d'un comics traditionnel), dessins en noir et blanc (avec des nuances de gris dans cette histoire), récit complet et indépendant.
L'histoire é été écrite par Jon Evans qui est un auteur canadien de romans policiers (par exemple
The Night of Knives). J'ai été très impressionné par l'intelligence de son scénario. Dans "The Executor", on trouve des flics pourris, une petite bourgade bien tranquille, un trafic organisé de marchandises prohibées, une réserve indienne pas très accueillante, un site industriel désaffecté, des pratiques ignobles réprouvées par la morale, des liens affectifs complexes et beaucoup de culpabilité. Jon Evans joue donc avec plusieurs figures imposées du polar et il réussit à exposer des facettes originales de ces situations traditionnelles. Il fait planer de bout en bout un sentiment d'inéluctabilité par petites touches discrètes. Le lecteur ressent en douceur qu'il ne peut pas y avoir d'issue heureuse à cette histoire.
Ce récit est illustré par Andrea Mutti, un dessinateur italien qui a travaillé pour Soleil (
Le syndrome de Caïn : Edition Intégrale : Tome 1), Casterman (
Nero, Tome 1 : La cinquième victime), Glénat (
Les Brumes hurlantes : Le glaive de Gaïa).et beaucoup d'autres éditeurs français. Le petit format de ce comics ne met pas en valeur son travail. De fait il apparaît comme un solide illustrateur sans forte personnalité. Les décors sont crédibles et détaillés. La gestuelle des personnages est un peu raide. Chaque individu est aisément reconnaissable, mais les expressions faciales ne sont pas très travaillées. Le lecteur a donc droit à des planches efficaces et soignées, mais pas très mémorables.
C'est donc tout à l'honneur du scénariste que cette histoire s'élève au dessus des autres. Pour être complètement honnête, le solide savoir faire professionnel d'Andrea Mutti permet aux séquences de dialogues de revêtir un aspect visuel sans lequel le rythme du récit aurait été fortement plombé. C'est le point faible de Jon Evans : il oublie parfois un peu qu'il écrit pour un medium visuel (à savoir la bande dessinée). Pour le reste, Jon Evans a choisi un personnage principal qui n'est pas tout blanc et qui n'a rien d'une brute épaisse. Il est même affligé d'une séquelle physique qui l'empêche d'effectuer des actions trop rapides. Donc Jon Evans contourne habilement le cliché des bagarres ou du dur à cuir que rien n'arrête.
Ensuite, il tricote une intrigue qui révèle peu à peu les liens qui unissent les personnages entre eux et les exactions du passé. Au final, les dessins sans éclat finissent par servir l'intrigue qui montre des individus relativement ordinaires qui essayent de découvrir une vérité ignoble, mais crédible. J'ai également particulièrement apprécié que Jon Evans et Andrea Mutti évitent le sensationnalisme ou le voyeurisme puant lorsqu'ils s'aventurent dans les faits les plus répugnants. Le lecteur plonge donc une petite bourgade des États-Unis dans laquelle les gens se connaissent, dans laquelle les secrets sont bien gardés grâce à des solutions simples et crédibles, dans laquelle les habitants ont des relations humaines entre eux. Il plonge également dans une enquête noire sans être excessive. Il frissonne lors de scène d'action bien construite, sans être frénétique ou sursaturée en testostérone ou en cordite. Et pour autant il n'y aura pas de baguette magique pour tout arranger à la fin. Si le système de notation d'Amazon le permettait, j'aurai 4,5 étoiles pour tenir compte des imperfections (scènes de dialogue un peu longues et dessins manquant de relief). Ces 2 défauts mineurs restent mineurs et j'ai lu ce roman graphique d'une traite.
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