Un film surprenant qui nous vient d'Asie et se passe à Hong Kong. Une jeune fille reçoit une greffe de la cornée après une vie quasiment aveugle tout le temps et retrouve la vue. Mais elle récupère avec ces cornées la capacité visionnaire de la jeune fille à qui elles appartenaient. En soi l'histoire est simple et même plutôt banale. Ce qui l'est moins c'est la réalisation de cette situation fantastique. Le film travaille en demi teintes, sans jamais chercher à faire peur au spectateur, il cherche plutôt à l'inquiéter, à l'amener à se demander ce qu'il y a de si horrible dans la vue, ce sens sans lequel nous ne saurions vivre. L'aeil est-il le coupable responsable de nos malheurs ? Apprenons-nous à ne voir que ce qu'il nous plait de voir quand nous sommes encore enfant et rejetons-nous tout le reste de façon purement sectaire et pourrions-nous dire raciste ? Notre vision est-elle conditionnée par un dressage de dix ou vingt ans au point de ne plus voir ce qui dérange ? Le film est inquiétant du fait de son ton de pure vérité, scientifiquement attestée par deux médecins, et objectivement relatée. Il veut nous convaincre qu'il y a là quelque chose à fouiller. Et nous pourrions dire qu'il y réussit.
Dr Jacques COULARDEAU, Université Paris Dauphine, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne & Université Versailles Saint Quentin en Yvelines