Une réédition de 1999 remastérisée qui ne manque pas d'intérêt. L'enregistrement de 1964 était déja excellent mais là on monte d'un cran pour la dynamique, et les 5 morceaux de bonus, en plus de rallonger la durée d'un disque plutôt court (35 mns) sont loin d'être dépourvus d'intérêt. Ce disque du maître du Chicago blues est un disque majeur du blues acoustique. Car malgré son titre ( à visée commerciale, car le mot folk était vendeur à l'époque) c'est bien de blues qu'il s'agit. Et quel blues!!! Du 100% pour 100% authentique. Le début des années 60 ont vues un regain d'intérêt pour cette musique aux USA, et c'est à ce moment là que des vieux musiciens ayant survécu à leur dure double condition de noir et d'artiste (c'est à dire juste au-dessous d'un chien galeux dans l'échelle des valeurs de l'american way of life.) on eu l'opportunité d'enregistrer des albums, et de faire des concerts ainsi de Son House, Lightning Hopkins, Bukka White, et de se faire une seconde carrière. Rien de tel pour Muddy Waters qui avait déja un nom à l'époque mais qui voulait retouner aux sources de son art. Pour ce faire il a imposé aux producteurs un jeune guitariste inconnu, Buddy Guy, qui n'est pas pour rien dans la réussite de cet opus. Son art de l'accompagnement et du solo en acoustique atteint ici des sommets jamais égalés dans la dicographie ; Il y a là de quoi remplir une vie de bluesman en herbe comme moi. Alliant force et subtilité(cf Cold Weather blues), il permet au maître de s'exprimer de sa grosse voix d'anthologie, une des grandes voix du blues. Sa guitare et son bottleneck son t assez discrets mais le maestro laisse éclater toute virtuosité dans le dernier morceau, seul avec sa guitare. Les 9 morceaux sont pour la plupart signés par M.Waters ( quel créateur de blues il fut!) et on retrouve son fidèle contrebassiste W Dixon et un batteur sur quelques morceaux. Il va sans dire que chaque morceau est une perle, indispensable.
Les 5 bonus sont issus de la même époque, un peu plus orchestrées (piano, saxo, clarinette), sans Buddy, et de la même veine des grands blues précédents. Une mention à "My John the conqueror root" avec son riff d'anthologie (qui sera souvent repris) et qui se situe à la croisée du blues du R' andB' et du jazz.
Un disque à mettre bien sûr à côté du "Blues Singer "de Buddy Guy qui 40 ans plus tard fera la même démarche d'un retour au delta................"my home's in the delta".
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