Au début des années 80, les Jam sont le groupe le plus populaire d’Angleterre, popularité qui se mesure à l’aune des Beatles 15 ans plus tôt ou d’Oasis 15 ans plus tard. Ce trio énorme dans son pays, confidentiel dans le reste du monde est mené par Paul Weller (chanteur, guitariste et auteur), personne honnête et rigoureuse, qui pensant n’avoir plus rien à dire artistiquement dans le cadre de Jam, décide de mettre un terme à la carrière du groupe en pleine gloire. Cet auteur fin et subtil dans la lignée d’un Ray Davies (Kinks), se « lâche » avec ce dernier album, engageant deux cuivres, ce qui permet au groupe d’aborder des rivages musicaux jusque là inexplorées. Les fans seront quelque peu déboussolés par les funks balourds (« Precious », « Trans Global Express »), ou les niaiseries exotiques (« Planer’s dream… »), au milieu d’un répertoire plus habituel.
Le bilan serait mitigé sans la présence de « Town called Malice », aux relents Tamla-Motown, morceau exceptionnel, peut-être le plus beau jamais écrit par Weller, qui justifie à lui seul l’achat de ce disque et clôture remarquablement la carrière d’un grand groupe.