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Commentaires client les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Tragique et inéluctable,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Goon, Tome 6 : Chinatown et le mystérieux Monsieur Wicker (Comic)
Initialement, cette histoire est parue sous la forme d'un récit complet (sans prépublication en épisodes) en novembre 2007.Goon ne se réduit à une grosse brute qui frappe fort et qui fait ce qu'il a à faire pour que ses trafics tournent bien et que l'argent rentre. Il est parfois incapable de réprimer ses sentiments et ses souvenirs, comme le commun des mortels. Dans cette histoire, il doit faire face à un mystérieux individu (Mister Wicker) qui a décidé de s'approprier son territoire en sabotant les opérations clandestines du Goon et en terrorisant ses amis et ses relations. Or Goon traverse également une petite crise personnelle car il n'arrive pas à se faire pardonner de Mirna, et des souvenirs de son enfance viennent lui tarauder l'esprit : sa tante Kizzie, Isabella son premier amour, et Xiang Yoa un responsable de triade et un des premiers à avoir tenté de s'imposer sur le territoire de Labrazio. Avec ce tome, Eric Powell s'offre une histoire libérée des contraintes de la production sérialisée ce qui lui permet de tout faire : scénario, illustrations, mise en couleurs et lettrage. C'est aussi pour lui la possibilité de construire une histoire avec son rythme spécifique, sans devoir s'astreindre au découpage en 22 pages qui doivent former une unité cohérente. Eric Powell choisit d'enchevêtrer passé et présent pour que les 2 époques se répondent et s'enrichissent. Il continue également de développer l'histoire de Goon sur le long terme en revenant sur une scène entre Mirna et Goon, relatée dans un tome précédent (Enfance assassine), ainsi que le début de son enfance (dans le même tome). Ce tome s'adresse donc plus aux lecteurs qui suivent les aventures du Goon depuis le début. Le premier aspect qui impressionne se situe au niveau de la mise en couleurs. Powell utilise une palette restreinte, avec des tons assez délavés. Il proscrit les couleurs vives et adoptent des couleurs essentiellement ocre foncé pour les scènes du passé, et gris-vert pour les scènes du présent. Ces choix confèrent une certaine forme de mélancolie à l'ensemble du récit, ainsi qu'un aspect un peu rétro. Il utilise également la mise en couleurs pour renforcer l'ambiance, en particulier quand il ne dessine pas de décors une page durant. Le deuxième plaisir de lecture réside dans les illustrations, toujours empreintes d'un esthétisme des années 1940/1950. La gueule cassée de Goon impressionne par sa rudesse et son apparence fermée. Powell réussit à rendre crédible Franky alors qu'il est affublé de 2 grands yeux entièrement blancs, sans iris ni pupille. Powell sait faire coexister des éléments réalistes avec des éléments exagérés et déformés comme dans un dessin animé. Parmi les éléments réalistes, il est évident qu'il s'est inspiré de Rita Hayworth dans Gilda pour au moins l'un des 2 personnages féminins du récit. De la même manière son hommage aux films de genre est très délectable pour les décors du manoir situé dans le quartier chinois. Powell évoque à la fois le péril jaune du mystérieux docteur Fu Manchu et les décors fastueux hollywoodiens, américanisant, dramatisant et diabolisant l'exotisme des mandarins chinois. Le lecteur découvre également que Powell s'est fait plaisir en insérant quelques pages muettes où il profite à plein de la liberté apportée par le format. Il y a en particulier une scène mémorable de séduction entre Goon et Mirna, une séquence inoubliable dans laquelle Goon se contemple dans le miroir en proie à une émotion ravageuse. Les combats sont moins nombreux que d'habitude, mais ils restent très efficaces et impressionnants. Eric Powell profite également de cette histoire complète pour mettre l'accent sur le coté tragique de son personnage principal. Fini les blagues énormes et les monstres bas du front, le récit se concentre sur le tragique de l'existence de Goon. L'histoire commence admirablement avec Goon hanté par les souvenirs du passé et la volonté de sa tante de faire de lui quelqu'un de bien. Ce souvenir en décalage complet avec ce qu'il est devenu s'ajoute à sa souffrance morale et place l'existence de Goon sous l'influence d'un destin funeste et implacable. Mais assez vite, les 2 temps (passé et présent) ont du mal à coexister, à s'enrichir mutuellement. L'histoire au temps présent décrit comment Mister Wicker manoeuvre Goon pour l'isoler et le faire tomber. Le lecteur est plongé dans un roman noir de Dashiel Hammett prenant, mais désamorcé par l'apparence de supercriminel de Mister Wicker. Par contraste, les scènes du passé sont d'une beauté et d'une séduction vénéneuse irrésistible. L'histoire d'amour est savamment intégrée à la narration, sans mièvrerie, avec même une forme de vacherie cynique. Et les affres émotionnelles du Goon définissent autant le personnage qu'elles le crédibilisent et le font s'incarner en tant qu'individu. En fait cette histoire du passé est tellement intense qu'elle prend complètement le dessus sur celle du présent, jusqu'à la rendre quelconque par comparaison. Eric Powell délaisse l'aspect comique et énorme des aventures du Goon pour dévoiler un aspect essentiel de son passé tragique. Les illustrations sont totalement maîtrisées pour une ambiance rétro, sans être vieillotte. Les 2 récits ne se complètent finalement pas, l'un prenant le dessus sur l'autre jusqu'à l'écraser de sa perfection. Toutefois ce récit dans le passé est d'un tel classicisme et d'une telle intensité qu'il vaut à lui seul la lecture de cette histoire, et le lecteur apprend comment le coté gauche du visage du Goon est aussi vilainement balafré. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
UNIQUE !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Goon, Tome 6 : Chinatown et le mystérieux Monsieur Wicker (Comic)
The Goon, gorille défiguré, règne dans l'ombre sur une ville déjantée (une sorte de Gotham City en plus rustico-pourri), dont une partie est aux mains des zombies, l'autre à sa pogne. Il rackete, explose, vole, tue... les méchants, et protège (à sa manière) les justes.Par-dessus tout cela se greffe une joyeuse bande de tarés sortis complètement des canons habituels des méchants et gentils conventionnels : le Prof Hyeronimous Alloy, par exemple, cyborg doux dingue tiraillé entre envie d'aider (maladroitement) son prochain et soif de conquérir le monde au moyen d'inventions aussi extravagantes que destructrices, représente l'un des grands (et plus originaux) vilains de la série... mais il ya aussi le chef des zombies, en état de décomposition avancée, et tout en tas de personnages hauts en couleurs, comme le chétif mais violent bras droit du Goon, qui n'hésite pas à exploser des boites craniennes au moindre regard de travers ! Si le scénario et les dialogues sont excellents, très décalés et parfois sans logique pure, le dessin est quant à lui tout bonnement exceptionnel. Les crayonnés de base, dont des croquis d'esquisses enrichissent les fins de tous les volumes sans exception, vous en dit long sur la maîtrise d'Eric Powell, l'auteur. Et une fois encrés, ces dessins à la ligne claire vous renvoient 50 ans plus tôt à l'époque des comics vintage. Il est à noter que si d'entrée le dessin est très bon, il ne cesse de s'améliorer au fur et à mesure des tomes... tout bénêf' ! La série constitue selon moi un tout indivisible, certains volumes se penchant sur le passé des héros, d'autres dans le "présent", et d'autres encore évoluant sur des projets parallèles à la série. Dans The Goon, tout est bon, de la 1ere à la dernière goutte... de sang ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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