The Goon, gorille défiguré, règne dans l'ombre sur une ville déjantée (une sorte de Gotham City en plus rustico-pourri), dont une partie est aux mains des zombies, l'autre à sa pogne. Il rackete, explose, vole, tue... les méchants, et protège (à sa manière) les justes.
Par-dessus tout cela se greffe une joyeuse bande de tarés sortis complètement des canons habituels des méchants et gentils conventionnels : le Prof Hyeronimous Alloy, par exemple, cyborg doux dingue tiraillé entre envie d'aider (maladroitement) son prochain et soif de conquérir le monde au moyen d'inventions aussi extravagantes que destructrices, représente l'un des grands (et plus originaux) vilains de la série... mais il ya aussi le chef des zombies, en état de décomposition avancée, et tout en tas de personnages hauts en couleurs, comme le chétif mais violent bras droit du Goon, qui n'hésite pas à exploser des boites craniennes au moindre regard de travers !
Si le scénario et les dialogues sont excellents, très décalés et parfois sans logique pure, le dessin est quant à lui tout bonnement exceptionnel. Les crayonnés de base, dont des croquis d'esquisses enrichissent les fins de tous les volumes sans exception, vous en dit long sur la maîtrise d'Eric Powell, l'auteur. Et une fois encrés, ces dessins à la ligne claire vous renvoient 50 ans plus tôt à l'époque des comics vintage.
Il est à noter que si d'entrée le dessin est très bon, il ne cesse de s'améliorer au fur et à mesure des tomes... tout bénêf' !
La série constitue selon moi un tout indivisible, certains volumes se penchant sur le passé des héros, d'autres dans le "présent", et d'autres encore évoluant sur des projets parallèles à la série.
Dans The Goon, tout est bon, de la 1ere à la dernière goutte... de sang !