Tous les métalleux connaissent ce début mythique de l'album le plus violent de Pantera, j'ai nommé "The great southern Trendkill", sorti en 1996 juste après "Far beyond driven", considéré par beaucoup comme leur meilleur album -il était resté une semaine n°1 au Billboard, pour mémoire.
J'ai découvert Pantera avec ce disque, ce qui lui donne une valeur sentimentale à mes yeux.
Mais parlons plutôt de faits.
A première vue, rien ne le distinguerait d'un autre disque de Pantera: même line-up, même label, même producteur -sauf la voix d'Anselmo enregistrée chez Trent Reznor.
On est cependant immédiatement frappé à l'examen du feuillet: sombre, avec des photos plutôt glauques, un cliché des membres du groupe sans fard et affichant un air grave dans la pénombre.
La première écoute ne trompe pas, il s'agit bien de ce qu'ils ont fait de plus violent.
Plusieurs éléments laissent penser que Phil Anselmo a joué un rôle prépondérant dans la réalisation de ce disque:
-l'année précédente, 1995, sortait le premier album de Down "NOLA", un des albums phare du sludge
-Anselmo produisait "Broken Glass", d'un autre pilier du sludge nommé Crowbar
-le même Anselmo traversait une période difficile de sa vie au cours de laquelle il tentait de se défaire d'une sale habitude d'avoir recours à certains stimulants illicits ; les paroles de "10s" et "Suicide Note" sont vraisemblablement le reflet de cet âpre combat.
"TGST" est de ce fait l'album le plus sludge de Pantera, en témoignent des titres comme "Floods" ou "10s". C'est peut-être cet éloignement partiel du style power metal qui divise quelque peu les fans.
Ceci dit, les compos sont plus élaborées que jamais, Dimebag ne s'est jamais autant éclaté sur ses riffs ingénieux et ses solos de génie -"TGST" et sa juxtaposition de solos hallucinants- de moins en moins démonstratifs, Phil Anselmo ne s'est jamais autant égosillé au micro, à s'en arracher les cordes vocales -"TGST", "Living through me"-, Vinnie Paul entre quant à lui au Panthéon des dieux de la double pédale s'il n'y était pas avant, et Rex a un son de basse plus puissant que jamais.
Pour l'anecdote, le solo de "Floods" figurait numéro 9 parmi les 100 meilleurs solos de gratte dans un classement édité par le magazine Rolling Stone.
Pour toutes ces raisons, "TGST" reste mon album préféré, quinze ans après sa sortie. "Reinventing the steel" m'a d'ailleurs paru bien léger après ça, même si c'est un très bon album.